Comparer le BEL 20 au MSCI World et d'autres : pourquoi il faut diversifier

29 janvier 2026
7 minutes

Quand tu cherches « BEL 20 », tu te demandes sûrement si c'est un bon investissement. Après tout, c'est le principal indice boursier belge. Il suit 20 grandes entreprises que tu connais, comme KBC, AB InBev et Proximus.

Voici la vérité qui dérange : le BEL 20 a généré des rendements inférieurs à presque tous les principaux indices mondiaux. Depuis 1994, il a rapporté environ 6,6 % par an. Le MSCI World ? Environ 8 %. Le S&P 500 ? Près de 11 %.

Dans cet article, on va comparer le BEL 20 à ces indices et expliquer pourquoi tu devrais diversifier tes investissements à l'échelle mondiale plutôt que de tout miser sur la Belgique.

Qu'est-ce que le BEL 20 ?

Le BEL 20, c'est l'indice boursier principal de la Belgique. Il existe depuis 1991 et suit les 20 plus grandes entreprises cotées sur Euronext Bruxelles.

Pour être incluses, les entreprises doivent respecter des règles strictes. L'une des plus importantes concerne le flottant : une part suffisante de leurs actions doit être disponible à la négociation sur le marché. Il est intéressant de noter qu'une entreprise n'a pas besoin d'avoir son siège social en Belgique. Elle doit simplement jouer un rôle significatif dans l'économie belge.

Tu reconnaîtras plein de noms. Pense à KBC, Proximus, Solvay ou AB InBev. Ensemble, elles représentent des secteurs clés de l'économie belge, comme la banque, les télécoms, la chimie et la bière. Au moment où on écrit ces lignes, voilà les 20 entreprises qui composent le BEL 20 :

Les entreprises du BEL 20
AB InBev (Bière et boissons) Groupe KBC (Services bancaires et financiers)
Ackermans & van Haaren (société holding) Lotus Bakeries (Produits alimentaires)
Aedifica (Immobilier de santé) Melexis (semi-conducteurs)
Ageas (Assurance) Montea (Immobilier logistique)
Argenx (biotechnologie) Sofina (société de portefeuille)
Groupe Azelis (distribution de produits chimiques spécialisés) Solvay (Produits chimiques)
Cofinimmo (Immobilier) Syensqo (Matériaux avancés)
Groupe D'Ieteren (automobile et services aux consommateurs) UCB (produits pharmaceutiques)
Groupe Elia (transport d'électricité) Umicore (Technologie des matériaux)
Groupe Bruxelles Lambert (GBL) (Holding d'investissement) Warehouses De Pauw (WDP) (Immobilier logistique)

En gros, le BEL 20 est souvent vu comme un aperçu du « marché boursier belge ».

Rendements historiques du BEL 20

Alors, comment le BEL 20 s'en est-il vraiment sorti ? En gros, les rendements ont été plutôt moyens. Depuis 1994, le BEL 20 a rapporté en moyenne environ 6,6 % par an. Si t'avais mis 10 000 € à l'époque, t'aurais aujourd'hui environ 76 000 €. C'est grâce à l'effet cumulatif, et ça veut dire que ton argent aurait été multiplié par plus de six en environ 30 ans. Ce n'est pas si mal.

Quand on compare avec d'autres marchés, la différence est claire. Dans les sections suivantes, on va comparer le BEL 20 avec d'autres indices importants et expliquer pourquoi c'est comme ça.

BEL 20 par rapport à MSCI World

Sur la même période, l'indice MSCI World a rapporté environ 8 % par an. Ça peut sembler pas beaucoup plus que les 6 % du BEL 20, mais sur plusieurs décennies, ça fait une grosse différence.

Si t'avais mis 10 000 € en 1994, t'aurais aujourd'hui environ 124 000 € avec le MSCI World, contre à peu près 76 000 € avec le BEL 20. En gros, les actions belges ont été moins performantes que la moyenne mondiale. Le MSCI World, c'est un indice boursier mondial qui regroupe environ 1 500 entreprises de 23 pays développés, dont les États-Unis, l'Europe, le Japon et l'Australie. Il répartit ton argent dans des dizaines de pays et de secteurs. C'est un peu le contraire du BEL 20, qui se concentre sur la Belgique.

C'est pas étonnant que l'indice MSCI World ait mieux marché. Ces 2 % de plus peuvent sembler pas grand-chose, mais sur 30 ans, ça a presque doublé le résultat final.

La raison est simple. L'indice MSCI World comprend plein de grandes entreprises mondiales qui cartonnent, mais qui ne sont pas du tout dans le BEL 20. En investissant juste en Belgique, tu passes à côté de 99,7 % du marché boursier mondial. Le BEL 20 ne couvre pas non plus tout le secteur technologique, par exemple. La Belgique n'est pas super présente là-dedans. En revanche, l'indice MSCI World comprend des entreprises comme Microsoft, Apple, Google et Amazon, qui ont largement contribué à la croissance des marchés boursiers au cours des dernières décennies.

La conclusion est claire. La diversification mondiale a payé. Sur le long terme, l'indice MSCI World a offert des rendements plus élevés avec moins de risques que si on avait juste misé sur les actions belges. Si on s'en tient uniquement au BEL 20, on passe à côté d'une grande partie de la croissance mondiale.

BEL 20 contre S&P 500

Le S&P 500, c'est le principal indice boursier américain. Il suit 500 des plus grosses entreprises des États-Unis et est souvent vu comme un bon indicateur de l'économie américaine. C'est important, parce que les États-Unis représentent à eux seuls environ 60 % du marché boursier mondial.

Alors, comment ça se compare au BEL 20 ? En gros : il a été bien plus performant. Ces dernières décennies (à peu près de 1994 à aujourd'hui), le S&P 500 a rapporté en moyenne 10,9 % par an. C'est bien plus que les 6,6 % du BEL 20. Avec le temps, cet écart devient énorme.

La raison principale, c'est ce qu'il y a dans l'indice. Le S&P 500 est plein de leaders mondiaux comme Apple, Microsoft, Google, Amazon et NVIDIA. Beaucoup d'entre eux bossent dans des secteurs qui cartonnent, comme la technologie et la santé. Ces entreprises ont vraiment boosté la croissance des marchés boursiers mondiaux.

Le BEL 20 ne compte aucun de ces géants. Il est plus orienté vers les banques, les télécommunications et les brasseries, des secteurs qui ont tendance à croître plus lentement. La taille et la diversification jouent aussi un rôle. Avec 500 entreprises issues de nombreux secteurs, le S&P 500 est beaucoup plus large qu'un indice composé de seulement 20 actions belges. Lorsqu'un secteur est en difficulté, un autre peut prendre le relais. Le BEL 20 est plus petit, plus concentré et plus exposé aux problèmes économiques locaux.

Pour un investisseur belge, la conclusion est claire. Depuis toujours, le S&P 500 a largement surpassé le BEL 20. Il a offert une croissance plus forte, grâce à l'innovation et aux entreprises américaines qui ont pris d'assaut le monde. Le truc, c'est qu'il est 100 % américain, donc pas vraiment diversifié à l'échelle mondiale, mais il a clairement su tirer parti du principal moteur de croissance mondial.

BEL 20 contre le DAX allemand

Le DAX, c'est le principal indice boursier allemand. Il suit 40 des plus grosses entreprises cotées à Francfort (il en suivait 30 jusqu'en 2021). En tant que voisine de la Belgique et plus grande économie européenne, l'Allemagne se prête naturellement à une comparaison avec le BEL 20. Les deux indices sont des indices européens nationaux. La grande différence réside dans leur ampleur. L'économie et le marché boursier allemands sont beaucoup plus importants. Le DAX comprend des poids lourds industriels tels que Siemens, BMW, Volkswagen, Bayer et BASF. Bon nombre de ces entreprises vendent leurs produits dans le monde entier.

Historiquement, le DAX a fait mieux que le BEL 20. Depuis qu'il a été lancé en 1988, il a rapporté un peu moins de 8,0 % par an en moyenne. C'est clairement plus que le rendement à long terme du BEL 20, qui est d'environ 6,6 %. Cet écart est visible au fil du temps. À partir du milieu des années 1990, le DAX a généré des rendements annuels élevés à un chiffre, tandis que le BEL 20 est resté plus proche des rendements à un chiffre moyens. Si vous aviez investi le même montant dans les deux indices il y a dix ans, le DAX aurait aujourd'hui une valeur nettement supérieure.

Les raisons sont assez simples. L'économie allemande est plus diversifiée et fortement axée sur les exportations. Les entreprises du DAX opèrent souvent à l'échelle mondiale et profitent de la demande dans des secteurs comme l'automobile, l'ingénierie et la chimie. Le BEL 20 n'a tout simplement pas cette ampleur. Il manque de grands acteurs du secteur automobile et son exposition aux secteurs à forte croissance est très limitée.

Cela dit, le DAX reste un indice national. Tout comme le BEL 20, il est sensible à des facteurs locaux comme les réglementations européennes, les effets de change et les ralentissements économiques régionaux. Pendant les crises comme celle de 2008, les deux indices ont pris un sacré coup. Le DAX s'est mieux remis à certains moments, en partie grâce à son exposition aux secteurs industriel et technologique.

Pour les investisseurs belges, le message est clair. Le marché boursier allemand a toujours fait mieux que le marché belge, avec environ 8,0 % contre 6,6 % par an. Mais le DAX ne remplace pas la diversification mondiale. Sur le long terme, un indice mondial reste l'option la plus équilibrée.

BEL 20 vs Curvo Growth

Jusqu'à présent, on a comparé le BEL 20 à d'autres indices boursiers. Comparons-le maintenant à un vrai portefeuille d'investissement : le portefeuille Croissance de Curvo.

Le portefeuille Croissance est conçu pour une croissance à long terme grâce à une diversification maximale. Il n'est pas lié à un seul pays ou à un seul indice. Il investit plutôt dans deux grands fonds indiciels Vanguard qui, ensemble, couvrent presque l'ensemble du marché boursier mondial.

Concrètement, le portefeuille investit dans :

  • L'indice FTSE Developed All Cap Choice, qui couvre les marchés développés comme les États-Unis, l'Europe et le Japon.
  • L'indice FTSE Emerging All Cap Choice, qui couvre les marchés émergents comme la Chine, l'Inde et le Brésil.

Au total, ça veut dire qu'on est exposé à plus de 7 500 entreprises dans environ 40 pays. Grandes entreprises, petites entreprises, technologie, santé, finance, industrie, tout y est. Ça comble directement les principales faiblesses du BEL 20. Le portefeuille Growth est mondial, pas seulement belge. Il couvre tous les secteurs. Et il ne repose pas seulement sur 20 entreprises.

Bon, tu n'exclues pas la Belgique. Les entreprises belges font toujours partie du portefeuille, mais dans les bonnes proportions. La Belgique ne représente qu'environ 0,3 % du marché boursier mondial, donc des entreprises comme AB InBev, KBC et Solvay sont incluses, mais elles ne dominent plus ton portefeuille. Tu redimensionnes simplement la Belgique par rapport au reste du monde.

En matière de performance, la comparaison est claire. Un portefeuille d'actions diversifié à l'échelle mondiale a historiquement généré un rendement annuel d'environ 8 %, en ligne avec des indices tels que le MSCI World ou le FTSE All-World. Ce rendement est supérieur à celui du BEL 20 (6,6 %) et a été obtenu avec moins de risques grâce à la diversification.

Il y a aussi un gros avantage fiscal pour les investisseurs belges. Le portefeuille Growth de Curvo utilise des fonds à capitalisation, qui réinvestissent automatiquement les dividendes. Du coup, tu évites l'impôt belge de 30 % sur les dividendes que tu paierais normalement avec des ETF de distribution qui suivent l'indice BEL 20. Sur plusieurs décennies, cette différence finit par être vraiment importante.

En gros : BEL 20 contre Curvo Growth un combat équitable. Le portefeuille Growth gagne sur la diversification, les rendements historiques et l'efficacité fiscale. Il est fait pour donner à ton argent les meilleures chances de croître sur le long terme, sans tout miser sur un seul petit pays.

Si tu vises une croissance à long terme, un portefeuille diversifié à l'échelle mondiale comme celui de Curvo offre tout simplement ce que le BEL 20 ne peut pas offrir.

Les inconvénients du BEL 20

Avant de conclure, on va vite récapituler les principaux inconvénients d'investir uniquement dans le BEL 20. La plupart d'entre eux devraient vous sembler familiers maintenant que vous avez lu les comparaisons ci-dessus.

Tu paries sur un seul pays

Quand tu investis juste dans le BEL 20, tout ton argent dépend de la Belgique. Si l'économie belge ralentit ou rencontre des problèmes politiques ou économiques, tout ton portefeuille en pâtit. C'est un cas typique de biais national. Investir près de chez soi semble rassurant, mais ça augmente en fait le risque. Investir à l'international répartit ce risque entre plusieurs pays au lieu de tout mettre dans le même panier.

Il n'y a pas d'ETF BEL 20 fiscalement avantageux

Aujourd'hui, il n'y a qu'un seul ETF qui suit le BEL 20, l'Amundi BEL 20 ETF (FR0000021842). Il coûte cher, à 0,50 % par an. Et c'est aussi un fonds de distribution, ce qui veut dire qu'il verse des dividendes. Pour les investisseurs belges, ces dividendes sont taxés à 30 % à chaque fois.

Les fonds d'accumulation, qui réinvestissent automatiquement les dividendes, sont souvent bien plus avantageux fiscalement en Belgique. Malheureusement, il n'y a pas d'ETF BEL 20 d'accumulation. Sur le long terme, cette taxe sur les dividendes ralentit constamment vos rendements.

La Belgique, c'est un tout petit coin du monde

La Belgique, ça représente environ 0,3 % du marché boursier mondial. En investissant surtout dans le BEL 20, tu passes à côté de 99,7 % des opportunités d'investissement dans le monde. Beaucoup d'entreprises à croissance rapide et des secteurs entiers n'existent tout simplement pas en Belgique. Pense aux technologies mondiales, aux grands innovateurs dans le domaine de la santé ou aux principaux fabricants asiatiques. Comme on l'a vu, les indices mondiaux ont généré des rendements plus élevés, ce qui suggère que les investisseurs belges qui se sont concentrés sur le BEL 20 ont laissé passer des opportunités.

Tu investis dans seulement 20 entreprises

Vingt entreprises, c'est pas beaucoup de diversification. Chaque entreprise a beaucoup d'importance, donc si une ou deux d'entre elles ont des problèmes, ça peut faire baisser tout l'indice. Le risque de concentration est élevé. Certains secteurs dominent le BEL 20, comme la finance et les matériaux, tandis que d'autres sont à peine représentés, surtout la technologie. Si on compare ça aux 500 entreprises du S&P 500, on voit bien à quel point le BEL 20 est restreint.

En gros, le BEL 20 est petit, concentré et pas super efficace fiscalement. À lui seul, c'est un moyen pas très solide d'investir à long terme, surtout quand il y a d'autres options dans le monde.

Conclusion

Le BEL 20 reflète le marché boursier belge, mais comme on l'a vu, il n'est pas conçu pour une croissance à long terme. Avec seulement 20 entreprises et un rendement moyen historique d'environ 6,6 % par an, il est nettement à la traîne par rapport aux indices mondiaux. Cet écart s'accumule au fil des décennies et peut vous coûter des dizaines de milliers d'euros en rendements manqués.

La bonne nouvelle ? T'as pas besoin de choisir entre la Belgique et le reste du monde. Un portefeuille diversifié à l'échelle mondiale inclut des actions belges dans leur juste proportion, soit environ 0,3 % de tes avoirs, tout en te donnant accès à des milliers d'entreprises dans des dizaines de pays. C'est comme ça que tu concilies familiarité et investissement intelligent.

Si tu veux faire fructifier ton patrimoine sur le long terme, pense global. Commence par un fonds indiciel large ou un portefeuille diversifié qui répartit tes risques et profite de la croissance où qu'elle se présente. Ton futur toi te remerciera d'avoir regardé au-delà des frontières belges.