Un compte d'épargne, ça rassure, et c'est l'endroit idéal pour l'argent dont tu auras besoin cette année. Mais sur une période de vingt ou trente ans, cette sécurité te revient cher, car un compte d'épargne est conçu pour conserver ton argent plutôt que de le faire fructifier. C'est justement pour ça que tu devrais investir l'argent dont tu n'auras pas besoin avant des décennies.
La réponse comporte deux parties. Tu investis parce qu'un fonds indiciel mondial diversifié fait de toi un petit actionnaire de milliers d'entreprises réelles, et ce sont les bénéfices que ces entreprises réalisent qui te rapportent de l'argent. Tu investis aussi parce que c'est le moyen le plus réaliste de préserver ton pouvoir d'achat. Il y a quatre situations où investir n'est pas la bonne solution, et elles sont également présentées ici.
Pourquoi tu devrais investir : tu deviens copropriétaire de milliers d'entreprises réelles
Un fonds indiciel mondial diversifié te permet de devenir actionnaire minoritaire de milliers d'entreprises réelles, et ce que ces entreprises gagnent, c'est ce qui finit par constituer ton rendement. C'est très différent de parier sur la hausse continue d'un graphique.
Ce que tu possèdes vraiment
En achetant un ETF mondial, tu deviens copropriétaire d'entreprises avec lesquelles tu as déjà affaire chaque semaine. Le téléphone Apple ou Samsung que tu as dans ta poche, dont les puces sont fabriquées sur des machines ASML. Les spéculoos Lotus que tu achètes chez Colruyt. Les logiciels que Microsoft vend à ton employeur. Investir dans un indice, c'est acheter un peu de tout, réparti entre le plus grand nombre possible d'entreprises, de pays et de secteurs.
T'as pas besoin de savoir quelle entreprise va surpasser le marché l'année prochaine. T'as pas besoin de choisir entre l'Europe, les États-Unis, la Chine, la technologie ou la santé pour savoir où placer ton argent. Tu achètes un peu de tout, ce qui rend cette façon d'investir à la fois plus sereine et plus simple.
Qu'est-ce que ça a valu ?
L'indice MSCI All Country World Investable Market a enregistré un rendement moyen de 8,2 % par an depuis 1994. Il regroupe plus de 8 000 entreprises réparties dans plus de 40 pays, et l'ETF SPDR MSCI ACWI IMI le suit de près ; un seul fonds te permet donc d'accéder à la quasi-totalité de l'économie mondiale cotée en bourse.
Ces 8,2 % ne se sont pas accumulés de manière linéaire. 1999 a été une année spectaculaire, tandis que 2000, 2001 et 2002 ont été des années très difficiles. Le graphique ci-dessous provient de Backtest, notre outil gratuit qui te permet de vérifier les performances réelles d'un indice ; tu peux ainsi constater par toi-même les mauvaises années plutôt que de te fier uniquement à notre estimation de la moyenne.
Ton rendement provient des bénéfices réalisés par les entreprises
Ton rendement provient des bénéfices de l'entreprise. En tant qu'actionnaire, tu possèdes une partie de l'entreprise, et celle-ci s'efforce d'augmenter ses bénéfices chaque année.
Prenons un exemple simple. Tu achètes une action à 100 € et la société réalise un bénéfice de 5,50 € par action cette année-là. Ça correspond à un rendement sur bénéfice de 5,5 %. Tu obtiens le même chiffre en inversant le ratio cours/bénéfice, qui t'indique combien de fois le bénéfice annuel d'une entreprise est contenu dans le cours de son action. Un ratio cours/bénéfice de 18 correspond à 1/18, soit environ 5,5 %. Que l'entreprise distribue ce bénéfice sous forme de dividende ou qu'elle le réinvestisse dans l'activité a moins d'importance que la plupart des gens ne le pensent, car tu y gagnes dans les deux cas.
L'histoire a été généreuse avec les actionnaires. Le « Guide to the Markets » de J.P. Morgan Asset Management estime le rendement réel des actions américaines à 6,9 % par an entre 1900 et 2025, après inflation. Ces décennies ont été exceptionnellement bonnes, alors on préfère se baser sur des prévisions plus prudentes plutôt que de partir du principe qu'elles vont se reproduire.
Les entreprises n'arrêtent pas d'essayer de gagner plus, et c'est là tout le pari
Tu paries que les entreprises continuent d’essayer d’augmenter leurs bénéfices et que, sur le long terme, la plupart d’entre elles y parviennent. Le boulanger de ton village s’efforce d’améliorer ses pâtisseries. Les supermarchés cherchent des moyens d’attirer plus de clients. Les restaurants adaptent leurs menus aux nouvelles tendances gustatives, et les hôtels améliorent leur service pour obtenir de meilleurs avis. Dans tous les secteurs de l’économie, les chefs d’entreprise améliorent leurs produits, réduisent leurs coûts et cherchent de nouveaux clients.
Les entreprises cotées en bourse font la même chose, mais à une échelle bien plus grande. Aujourd’hui, ça se passe avec l’intelligence artificielle, demain ce sera autre chose. Depuis toujours, les entreprises n’ont cessé de trouver des moyens d’être plus productives et de créer plus de valeur, et un fonds indiciel mondial, c’est le moyen pour un investisseur lambda de profiter de ça.
La faillite d'une entreprise n'a pratiquement aucun impact sur ton portefeuille
Quand une entreprise d'un ETF mondial fait faillite, tu t'en rends à peine compte. Lernout & Hauspie a fait faillite en 2001 à la suite d'une fraude comptable, General Motors s'est déclaré en faillite en 2009, et Kodak a suivi en 2012, une fois que la photographie numérique avait conquis le marché. Ceux qui ne possédaient que ces actions ont presque tout perdu. Ceux qui détenaient un ETF mondial n'ont remarqué qu'une erreur d'arrondi.
C'est un risque propre à l'entreprise, et la diversification permet de l'éliminer. Ce qui reste, c'est le risque de marché : la possibilité que l'ensemble du marché s'effondre d'un seul coup à cause d'une récession, d'une pandémie, d'une guerre ou d'une crise financière. Tu ne peux pas te débarrasser de ce risque par la diversification, et c'est aussi le risque pour lequel tu es rémunéré.
Investir, c'est le moyen de préserver ton pouvoir d'achat
Depuis 2003, un compte d'épargne belge a rapporté moins que le taux d'inflation la plupart des mois ; du coup, l'argent qui y reste perd de son pouvoir d'achat année après année. Rien sur ton relevé ne te le montre.
1 000 € de 1995 te permettent d'acheter aujourd'hui pour environ 511 € de biens. Tu as perdu près de la moitié de ton pouvoir d'achat, et ça s'est passé sans qu'il y ait eu un seul événement dramatique.
Entre 2003 et 2025, l'inflation en Belgique s'est élevée en moyenne à 2,45 % par an, tandis que le taux d'épargne moyen était de 0,83 %. L'inflation a été supérieure au taux d'épargne pendant 84 % de ces mois-là. Statbel publie l'indice des prix à la consommation belge et la BCE publie les taux d'intérêt versés par les banques sur les dépôts, donc tu peux vérifier ces deux séries de données. Quand la guerre en Ukraine a commencé en 2022, l'inflation belge a grimpé au-dessus de 12 %, tandis que les taux d'épargne ont suivi lentement.
Les actions ont surpassé l'inflation sur de longues périodes pour deux raisons. Les investisseurs veulent être rémunérés pour le risque qu'ils prennent, ce qu'on appelle la prime de risque. Et les entreprises se développent au rythme de l'économie : elles répercutent la hausse des coûts sur leurs prix, développent de nouveaux produits et gagnent en productivité ; du coup, les bénéfices des entreprises qui réussissent ont tendance à augmenter plus vite que les prix.
Laisser ton argent dormir est un choix qui comporte un risque en soi. 10 000 € restent 10 000 € sur ton écran, mais leur pouvoir d'achat diminue chaque année. Le risque caché de l'épargne, c'est que ton argent ne fructifie pas assez pour t'aider à atteindre ton objectif. On va examiner plus en détail l'impact de l'inflation sur un compte d'épargne belge.
Ce que ça donne avec 100 € par mois
Deux amis qui ont mis de côté exactement les mêmes 100 € par mois depuis 1999 se sont retrouvés avec un écart de trois fois et demie entre leurs économies, et cette différence venait de l'endroit où ils avaient placé leur argent.
Sara et Imani ont toutes les deux commencé à épargner pour leur retraite en 1999, à raison de 100 € par mois. Sara n’avait jamais rien appris sur l’investissement, alors elle a versé son argent sur un compte d’épargne, mois après mois. Imani a quant à elle investi ces mêmes 100 € chaque mois dans un seul ETF mondial. À ce jour, elles ont toutes les deux versé 32 800 €. Le compte d'épargne de Sara a rapporté des intérêts modestes et s'élève aujourd'hui à environ 36 000 €. Le portefeuille d'Imani a atteint près de 130 000 €. Ces chiffres proviennent de notre outil de backtest et des données de la BCE sur les taux d'épargne.
Imani n'a pas travaillé plus dur ni économisé davantage. Elle a placé la même somme d'argent ailleurs, et c'est son horizon à long terme qui a fait le reste.
Pourquoi l'écart devient si grand : la croissance qui s'ajoute à la croissance
L'écart se creuse parce que tes gains commencent à générer eux-mêmes des gains. Si tu investis 100 € à 10 % par an, tu auras 110 € au bout d'un an. L'année suivante, tu gagnes 10 % sur 110 € plutôt que sur 100 €, donc tu gagnes 11 € au lieu de 10 € et tu te retrouves avec 121 €. L'année d'après, tu gagnes 12,10 €.
Si tu laisses ces 100 € tranquilles pendant quarante ans, ils vont atteindre 4 526 €. Rien que la quarantième année, cet investissement rapporte 411 €. Cette seule année rapporte plus que les 380 € que valait l'ensemble de l'investissement au bout de quatorze ans. C'est ça, les intérêts composés, et ça marche comme une boule de neige qui dévale une pente : ça commence lentement, puis ça prend de la vitesse à chaque tour.
Aucun placement ne rapporte 10 % par an sans sourciller, alors considère ça comme un simple calcul plutôt que comme une prévision. Les rendements attendus plus élevés s'accompagnent toujours de fluctuations plus importantes en cours de route. Ce qui compte plus que le pourcentage, c'est le montant mensuel que tu peux réellement continuer à investir pendant des décennies.
La richesse t'offre des possibilités
Le but de se constituer un patrimoine, c'est d'avoir le choix. Avec une marge de manœuvre financière suffisante, tu peux travailler moins quand tes enfants sont petits, refuser un boulot bien payé mais qui te pompe toute ton énergie, tenir le coup pendant quelques mois pendant que tu te réorientes en tant qu'indépendant, ou payer une formation. La liberté financière, c'est surtout pouvoir décider de ce que tu fais de ton temps.
T'as pas besoin d'un objectif précis pour te lancer, surtout quand t'es jeune. Tu sais probablement pas où tu vivras dans cinq ans, quel boulot tu auras, ni à quoi ressemblera ta famille. La vie te réserve un nouveau boulot, un enfant, un divorce, une maladie, un parent qui a besoin de soins, un partenaire qui veut travailler moins. Avoir de l'argent te donne des options quand ces situations se présentent.
La liberté, ça dépend de la différence entre ce que tu gagnes et ce que tu dépenses, pas de ton salaire. Quelqu’un qui gagne 10 000 € par mois et qui en dépense 9 500 a moins de marge de manœuvre que quelqu’un qui gagne 3 000 € et qui en dépense 1 500. Ce dernier se constitue plus vite une réserve et a besoin de moins pour vivre confortablement.
Un portefeuille d'investissement, ce n'est pas un fonds d'urgence. L'argent destiné à faire face aux dépenses imprévues des prochains mois doit être placé sur un compte d'épargne. C'est ton patrimoine à long terme qui te permet de rester solide quand ta vie prend un nouveau tournant.
Ce que t'en coûte vraiment d'investir
Le coût de l'investissement se mesure en chiffres. Après le pic de la bulle Internet en août 2000, un portefeuille mondial a perdu plus de la moitié de sa valeur, et il a fallu 12,5 ans au marché pour retrouver ce niveau.
L'effondrement de la bulle Internet, en euros et en années
Voilà ce que l'effondrement de la bulle Internet a fait à quelqu'un qui investissait 200 € par mois. Imaginons que tu aies commencé en août 1990. Au plus haut du marché, en août 2000, tu avais versé 24 200 € et ton portefeuille valait environ 71 000 €. Puis le krach est arrivé, et en mars 2003, ton portefeuille était tombé à environ 37 000 €, alors que tu avais versé 30 400 € d'ici-là.
Tu as continué à investir 200 € par mois. En décembre 2005, ton portefeuille avait retrouvé sa valeur de 71 000 €. Il t'a fallu un peu plus de cinq ans pour te remettre de cette baisse, alors que le marché lui-même a mis 12,5 ans pour retrouver son plus haut niveau de 2000. C'est en achetant à des prix plus bas pendant la chute que tu as comblé cet écart.
Un an plus tard, la crise financière a frappé et ton portefeuille a de nouveau chuté, pour atteindre environ 47 500 € en février 2009. Tu as persévéré. Lorsque le marché a enfin retrouvé son plus haut niveau de 2000 en mars 2013, ton portefeuille avait déjà atteint environ 114 000 €. Tous ces chiffres proviennent de notre outil de backtest.
Le délai de reprise du marché et ton délai de reprise, ce sont deux chiffres différents quand tu continues à acheter tous les mois.
Tes risques de perte diminuent à mesure que ton horizon s'allonge
La durée pendant laquelle tu restes investi influence tes chances plus que tout autre facteur sur lequel tu as le contrôle. Prenons l'indice MSCI World, qui regroupe environ 1 500 entreprises issues de marchés développés comme les États-Unis, l'Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni, et dont les données remontent à 1970.
Si tu avais acheté à n'importe quel moment entre 1970 et aujourd'hui et revendu exactement un an plus tard, tu aurais essuyé une perte environ 26 % du temps. C'est effrayant, et ça devrait l'être, si tu as besoin de cet argent au bout d'un an. Sur des périodes de cinq ans, le risque de perte est tombé à environ 17 %. Sur des périodes de vingt ans, il n'y a pas une seule date de départ dans toute l'histoire de l'indice qui se soit soldée par une perte.
Même quelqu'un qui s'est lancé au plus fort de la bulle Internet, en mars 2000, juste avant une chute de plus de 40 % et une crise financière sept ans plus tard, s'est retrouvé gagnant vingt ans plus tard. Ces chiffres s'appliquent à quelqu'un qui a tout investi en une seule fois ; en étalant tes achats dans le temps, tu obtiens de meilleurs résultats.
La volatilité, c'est le prix à payer pour obtenir un rendement
La volatilité, c'est le prix à payer pour obtenir un rendement boursier, et les deux sont indissociables. Une amende, c'est ce que tu paies pour avoir fait quelque chose de mal ; du coup, tu essaies de l'éviter et tu te sens lésé quand tu la reçois. Un prix, c'est ce que tu paies pour avoir accès à quelque chose que tu veux. Le prix d'entrée dans un parc d'attractions n'est pas une punition, et une fois à l'intérieur, personne ne descend des montagnes russes parce que le wagon fait une descente.
Les actions rapportent plus qu'un compte d'épargne justement parce qu'elles fluctuent. Un marché qui progresserait de 8 % par an sans le moindre à-coup serait justement suspect, car il n'y aurait aucune raison qu'il rapporte plus qu'une obligation d'État. C'est justement cette incertitude qui est à l'origine du rendement.
Tout ça ne rend pas la baisse de ton portefeuille plus agréable, et les investisseurs expérimentés n'apprécient pas ça non plus. Ça aide de voir cette baisse comme le prix à payer pour atteindre tes objectifs. On passe en revue les risques liés à l'investissement et ceux qui valent la peine d'être pris, et si c'est la peur de perdre de l'argent qui te retient, ça vaut le coup d'y travailler avant de te lancer.
Investir comme ça, c'est ennuyeux, et tu ne posséderas jamais ce qui rapporte le plus
L'investissement passif est ennuyeux par nature, et c'est justement cette monotonie qui te coûte cher. Tu achètes un portefeuille diversifié, tu le gardes, et tu n'as presque rien à faire. Personne, lors d'un dîner entre amis, n'est impressionné par quelqu'un qui se contente de suivre le marché.
Tu ne détiendras jamais non plus le meilleur placement du moment. Il y aura toujours une action, un secteur, une cryptomonnaie, un projet immobilier ou un ETF thématique qui s'en sortira bien mieux que ton portefeuille pendant un certain temps. Investir dans l'ensemble du marché, c'est accepter d'en obtenir la moyenne.
Toi aussi, tu subis les fluctuations du marché. La diversification te protège contre la faillite d'une seule entreprise, pas contre un krach général. Si tu ne supportes pas que ton portefeuille perde temporairement 20 % ou 30 % de sa valeur, tu devrais réduire le nombre de tes actions.
Le dernier coût, c'est le coût psychologique. Cette façon d'investir demande peu de connaissances pour se lancer, mais beaucoup de force de caractère pour tenir le coup. Ne rien faire, ça a l'air facile, jusqu'à ce que tout le monde autour de toi commence à te dire que tu devrais faire quelque chose.
Les frais, c'est le coût que tu peux contrôler
Les frais, c'est la seule partie de ton rendement que tu décides toi-même. Tu ne peux pas savoir comment le marché va évoluer l'année prochaine ni quel secteur va tirer la marche en avant. En revanche, tu peux choisir combien tu es prêt à payer pour en faire partie.
Les chiffres ne mentent pas. Un fonds qui prélève 1,5 % de plus par an qu'un ETF comparable doit surpasser ce dernier de 1,5 % chaque année juste pour arriver à égalité, et la plupart des fonds actifs n'y parviennent pas. Les fonds traditionnels proposés par les banques, les assureurs et les banques privées comportent ces frais annuels plus élevés. Ils ressortent rarement sur ton relevé, mais ils grignotent quand même ton rendement chaque année.
Trois éléments s'interposent entre le rendement du marché et le tien. Le gestionnaire du fonds prélève des frais annuels, appelés « ratio de frais total », et les coûts d'un ETF ne représentent généralement qu'une petite fraction de ceux d'un fonds bancaire. Ton courtier peut te facturer des frais de transaction. Et les impôts prennent leur part. Ce qui reste après ces trois éléments, c'est ton rendement net, qui est le seul montant qui atterrit finalement sur ton compte.
Si tu t'en charges toi-même via un courtier, ça veut dire choisir les ETF, constituer un portefeuille adapté à tes objectifs, le rééquilibrer et garder ton sang-froid quand les marchés baissent. On a créé Curvo pour que tu n'aies pas à le faire. Tu réponds à quelques questions sur tes objectifs et ton niveau de tolérance au risque, et on te propose l'un de nos portefeuilles de fonds indiciels, conçus selon une philosophie d'investissement simple : investir autant que possible dans l'économie mondiale, limiter les frais et garder tes placements à long terme.
Curvo n'est pas la solution la moins chère pour investir, et on préfère te le dire plutôt que de te le cacher. Les frais s'élèvent à 1 % par an pour les portefeuilles inférieurs à 50 000 €, et descendent à 0,60 % au-delà de 250 000 €. Ils couvrent le portefeuille, le rééquilibrage, les transactions et les formalités fiscales. Si tu aimes gérer toi-même tes ETF, un courtier te reviendra moins cher.
Quand il ne faut pas investir
Dans quatre situations, investir n'est pas la bonne solution, et ces situations se succèdent dans un ordre bien précis. Imagine tes finances comme une cascade : l'argent ne s'écoule vers le niveau inférieur que lorsque le niveau supérieur est plein.
Rembourse d'abord tes dettes les plus chères
Une dette coûteuse, c'est pire que n'importe quel investissement que tu pourrais faire. On ne parle pas de ton crédit immobilier. On parle d'un solde de carte de crédit non remboursé ou d'un crédit à la consommation, où le taux d'intérêt est élevé.
Prenons l'exemple d'une carte de crédit dont le taux d'intérêt est de 15 % par an. Chaque euro que tu utilises pour rembourser ce solde te rapporte 15 % garantis. Aucun portefeuille d'actions international ne peut te promettre ça.
Constitue-toi un fonds d'urgence avant d'investir
N'investis que l'argent dont tu n'auras pas besoin à court terme, et c'est justement un fonds d'urgence qui te permet de le faire. Imagine que tu aies économisé 10 000 € et que tu les aies investis avec enthousiasme. Quelques mois plus tard, le marché chute de 30 % et ta chaudière tombe en panne. La réparation coûte 3 500 €. Comme tu n'as plus d'argent liquide, tu dois vendre une partie de tes ETF à perte ; tu te retrouves donc confronté à une facture imprévue et à une vente forcée au pire moment possible, le tout dans la même semaine.
Un fonds d'urgence, c'est l'argent que tu mets de côté pour faire face aux imprévus : une panne de voiture, une réparation urgente à la maison, une facture médicale. Ce n'est pas la même chose que d'épargner pour un projet précis. L'argent destiné à l'achat d'une voiture, à des travaux de rénovation ou à un voyage, c'est un objectif d'épargne. Si tu confonds les deux, tu auras toujours l'impression que ta réserve n'est jamais assez importante.
La question de savoir quelle part consacrer à l'épargne ou à l'investissement mérite une réponse à part, tout comme celle de savoir où placer cette réserve, car les taux des comptes d'épargne belges varient énormément.
L'argent dont tu auras besoin d'ici quelques années, tu ne devrais pas le placer en actions
L'argent dont tu auras besoin d'ici quelques années ne devrait pas être placé dans un ETF actions. On nous pose souvent cette question de la part de personnes qui vont acheter une maison dans deux ans et dont l'argent dort à la banque sans rien rapporter. Les marchés peuvent chuter brutalement et une période difficile peut durer des années. Si la date arrive en plein milieu d'une telle période, tu risques de devoir vendre à perte.
Les comptes d'épargne, les comptes à terme et les ETF sur obligations à court terme conviennent mieux aux horizons à court terme. À long terme, ils rapportent moins que les actions, mais quand l'échéance approche, c'est la sécurité qui prime.
Ton objectif définit ton horizon, et ton horizon détermine le niveau de risque que tu peux prendre. Une baisse de 10 % quand il te reste 25 ans avant la retraite, c'est embêtant. La même baisse deux ans avant d'acheter une maison, c'est un vrai problème.
Si une baisse de 30 % te pousserait à vendre, ce portefeuille n'est pas fait pour toi
Un portefeuille qui te pousse à vendre dans la panique n'est pas fait pour toi, même s'il a l'air parfait sur le papier. Trois questions permettent de déterminer quel niveau de risque te convient. Quand auras-tu besoin de cet argent ? C'est ce qu'on appelle ton horizon d'investissement. Quel niveau de risque peux-tu supporter financièrement ? Ça dépend de tes revenus, de tes dépenses, de ton épargne, de tes dettes et de ta marge de manœuvre. Et quel niveau de risque peux-tu gérer émotionnellement ? C'est ce qu'on appelle ta tolérance au risque, et ça tient plus à ta personnalité qu'à tes connaissances.
Ces trois éléments coïncident rarement parfaitement, et quand ils ne concordent pas, tu dois suivre le plus restrictif des trois.
La question la plus utile à te poser, c'est : « Que ferais-tu si ton portefeuille perdait 30 % de sa valeur demain ? » Personne ne peut prédire parfaitement ce qu'il ressentira, mais cette question t'oblige à être honnête. Vendre en pleine chute transforme une perte temporaire en perte définitive, et t'empêche généralement de profiter de la reprise qui suit.
Il y a encore un autre cas à mentionner ici. Si ce qui te plaît, c'est d'analyser les entreprises et de suivre les marchés, acheter l'ensemble du marché pour ensuite ne rien faire du tout pourrait tout simplement être trop ennuyeux pour toi, et il n'y a rien de mal à ça.
Une fois que c'est réglé, on peut commencer à optimiser les rythmes
Une fois que tes dettes, ta réserve d'urgence et ton horizon sont bien en place, le plus important, c'est de te lancer, bien plus que de régler chaque détail à la perfection. Beaucoup de gens se servent discrètement de leur réserve d'urgence comme excuse pour ne jamais se lancer, et deux, trois ou quatre ans passent avec toujours la même phrase : « Je suis encore en train de constituer ma réserve d'urgence. »
Un fonds d'urgence, c'est un objectif fixe avec une date butoir. Une fois que tu l'as atteint, tu peux arrêter d'épargner pour ça et commencer à investir. Tu n'as même pas besoin d'attendre d'avoir tout réuni. Si t'es déjà bien avancé, répartis ton épargne mensuelle pour qu'une partie aille dans ton fonds d'urgence et l'autre dans tes investissements.
Il y a une différence entre « rationnel » et « raisonnable ». Ce qui est rationnel, c'est ce que les maths considèrent comme optimal. Ce qui est raisonnable, c'est ce qu'une personne qui n'est pas une machine à calculer continuera réellement à faire, et en matière d'investissement, persévérer vaut mieux que d'être optimal. Le meilleur rendement, les frais les plus bas et le meilleur courtier comptent tous moins que de se lancer et de persévérer ; c'est pourquoi attendre le bon moment pour commencer est la forme d'optimisation la plus coûteuse qui soit.
En résumé, pourquoi tu devrais investir
Tu investis parce qu'un fonds indiciel mondial diversifié te permet de devenir copropriétaire de milliers d'entreprises qui s'efforcent chaque jour d'augmenter leurs bénéfices, et parce que c'est le moyen le plus réaliste de préserver le pouvoir d'achat de l'argent que tu ne toucheras pas avant des décennies. Ce sont justement ces baisses qui, au final, permettent d'obtenir un rendement.
L'alternative n'est pas sans risque. Laisser tout ton argent sur un compte d'épargne, c'est troquer un risque visible contre un risque latent qui ne se manifestera que trente ans plus tard, quand ton solde sera intact mais ne te permettra plus d'acheter autant que ce dont tu aurais eu besoin.
Commence donc par définir tes propres motivations et tes propres objectifs, plutôt que de te focaliser sur un fonds. Ensuite, assure-toi de remplir les conditions préalables : rembourser tes dettes coûteuses, constituer un fonds d'urgence, garder ton argent destiné au court terme à l'écart des actions, et disposer d'un portefeuille que tu ne vendrais pas même en cas de baisse de 30 %. Une fois ces étapes franchies, reste simple et continue sur ta lancée. Avec Curvo, tu peux mettre en place un plan mensuel en quelques minutes et le laisser tourner tout seul.