Au fil des ans, t'as constitué un joli portefeuille d'ETF et d'actions. Puis, la Belgique décide d'introduire un impôt de 10 % sur les plus-values à partir de janvier 2026.
La bonne nouvelle, c’est que les 10 000 premiers euros de plus-values sont exonérés d’impôt chaque année. Et tous les bénéfices que tu as réalisés avant 2026 restent totalement exonérés. Mais les règles pour calculer ce que tu dois payer sont étonnamment complexes. Ton courtier risque de prélever trop d’impôt. Tu devras peut-être faire toi-même des demandes de remboursement. Et si tu as acheté le même ETF plusieurs fois, pour déterminer ta plus-value imposable, il faut comprendre des règles comme le FIFO.
Ce guide t'explique en détail comment fonctionne l'impôt belge sur les plus-values, comment les différents courtiers le gèrent et ce que ça veut dire pour ta stratégie d'investissement.
Les informations contenues dans cet article reflètent la loi sur l'impôt sur les plus-values du 6 avril 2026, ainsi que la circulaire du 22 juillet 2026 dans laquelle l'administration fiscale explique comment elle va l'appliquer.
Impôt de 10 % avec exonération de 10 000 €
En 2025, le nouveau gouvernement belge a conclu un accord de coalition. Dans ce cadre, il a été convenu d’instaurer un impôt de 10 % sur les plus-values des actifs financiers, qui est entré en vigueur le 6 avril 2026. Une plus-value, c’est le bénéfice que tu réalises quand tu vends un placement à un prix supérieur à celui que tu as payé pour l’acquérir. Jusqu’à présent, la Belgique n’appliquait pas d’impôt sur les plus-values des actions et des ETF sur actions.
Heureusement, les premiers 10 000 € de plus-values sont exonérés.
Calculateur taxe sur les plus-values
Calculer l'impôt sur les plus-values n'est pas une mince affaire. C'est pourquoi nous avons mis au point un outil qui s'en charge à ta place. Il analyse les transactions effectuées auprès de ton courtier et t'indique exactement le montant de l'impôt que tu dois payer, pour que tu saches quoi déclarer.
À partir du 1er janvier 2026
Cette taxe est entrée en vigueur le 1er janvier 2026. La loi elle-même date du 6 avril 2026 et a été publiée le 21 avril 2026. En juillet 2026, l'administration fiscale a publié une longue circulaire expliquant comment elle allait l'appliquer concrètement, et c'est sur cette circulaire que se base cet article.
La bonne nouvelle, c'est que cette mesure ne s'appliquera pas rétroactivement. Les plus-values réalisées jusqu'au 31 décembre 2025 resteront exonérées d'impôt. En d'autres termes, tu ne paieras pas d'impôt sur les plus-values pour l'année 2025, même si tu rempliras ta déclaration d'impôt en 2026.
Tous les types d'actifs financiers
La taxe couvre un large éventail d'actifs financiers :
- ETF, ainsi que les fonds indiciels, les ETN et les ETC
- Actions
- Fonds communs de placement
- Obligations
- Les devises étrangères, à une exception près concernant les comptes de paiement courants, sur laquelle on reviendra plus bas
- L'or d'investissement : les lingots d'une pureté d'au moins 99,5 % et les pièces d'une pureté d'au moins 90 % frappées après 1800. Les bijoux ne sont pas concernés et restent exonérés d'impôt, tant que tu ne les revends pas pour réaliser un bénéfice.
- Les crypto-actifs, y compris les NFT
- Les produits financiers dérivés comme les options, les contrats à terme et les CFD
Les biens que tu possèdes en Belgique et à l'étranger sont tous soumis à cette taxe. Tout ce qui ne figure pas sur la liste en est exclu. Les autorités fiscales citent notamment les tableaux, le vin, l'argenterie, les baskets et les cartes Pokémon comme exemples de biens qui ne sont pas concernés.
Il faut dire que les produits d'épargne-pension belges sont exemptés.
Une exonération de 10 000 €, qui augmente si tu ne l'utilises pas
Les 10 000 premiers euros de plus-values par an et par personne sont exonérés d'impôt, et ce montant est indexé chaque année pour évoluer à peu près au rythme de l'inflation. Si tu es marié(e) ou en concubinage légal, votre abattement commun s'élève à 20 000 euros. Si les placements font partie de la communauté, chacun de vous déclare la moitié de la plus-value. Les enfants ont aussi leur propre abattement, ce qui est bon à savoir si tu investis au nom de ton enfant.
Si tu n'utilises pas ton abattement au cours d'une année donnée, tu accumules un montant supplémentaire qui s'ajoute à celui-ci pour les années suivantes. Ça marche comme ça :
- Chaque année où tu ne touches pas à ton montant de base de 10 000 €, tu gagnes 1 000 € supplémentaires pour l'année suivante. Ce montant est lui aussi indexé.
- Si tu utilises une partie de ton montant de base de 10 000 €, la tranche supplémentaire de l'année suivante diminue du montant que tu as utilisé, et disparaît complètement dès que tu en auras utilisé 1 000 € ou plus.
- Les tranches supplémentaires sont toujours prises en compte avant ton abattement de base de 10 000 €. Ainsi, un petit gain couvert par une seule de ces tranches supplémentaires ne touche pas à ton abattement de base, et tu continues à accumuler de nouvelles tranches.
- Les tranches non utilisées s'accumulent indéfiniment, mais tu ne peux en utiliser que l'équivalent de cinq ans au cours d'une même année, soit environ 5 000 €.
La tranche supplémentaire ne commencera à s'appliquer qu'en 2027 ; donc, pour 2026, tu as juste les 10 000 €.
Exemple : un petit gain
Tu ne vends rien en 2026, donc tu gagnes une tranche supplémentaire de 1 000 € pour 2027. En 2027, tu réalises une plus-value de 900 €. Celle-ci est entièrement prélevée sur la tranche supplémentaire, donc tes 10 000 € de base ne sont jamais touchés, et tu gagnes une nouvelle tranche supplémentaire pour 2028.
Exemple : un gain plus important
Encore une fois, tu ne vends rien en 2026, donc en 2027, tu disposes de 10 000 € plus une tranche de 1 000 €. Cette fois-ci, tu réalises une plus-value de 2 500 €. La tranche absorbe les premiers 1 000 €, et les 1 500 € restants sont prélevés sur ton abattement de base. Comme tu as utilisé plus de 1 000 € de ton abattement de base, tu ne gagnes aucune tranche supplémentaire pour 2028.
Les coûts et les taxes ne sont pas inclus dans le calcul des gains en capital
Quand tu vends un titre, on est tenté de déduire tous les frais et commissions pour calculer ton « vrai » bénéfice. Mais pour l'impôt sur les plus-values, ce n'est pas autorisé. La loi stipule clairement qu'aucun coût ni aucune taxe liés à l'achat ou à la vente d'un actif ne peut être pris en compte dans le calcul de ta plus-value. Cela inclut les frais de courtage, les frais de transaction et la taxe sur les opérations boursières (TOB). Ainsi, ton prix d'achat et ton prix de vente sont tous deux considérés comme des montants bruts, avant déduction de tout coût ou taxe.
Imaginons que tu achètes un investissement pour 10 000 €. Tu paies également 15 € de frais de courtage et 12 € de taxe boursière, de sorte que le montant total sortant de ton compte est de 10 027 €.
Quelque temps plus tard, tu vends le même investissement pour 13 000 €. Là encore, tu paies 15 € de frais de courtage et 16 € de taxe boursière, ce qui laisse 12 969 € sur ton compte.
De ton point de vue, ton bénéfice semble être de 12 969 € - 10 027 € = 2 942 €. Mais pour l'impôt sur les plus-values, ces frais supplémentaires ne sont pas pris en compte. Les autorités fiscales calculent ta plus-value comme suit : 13 000 € - 10 000 € = 3 000 €. Même si tu as en réalité gagné un peu moins, tu seras imposé sur la totalité de la plus-value brute de 3 000 €.
Tu peux compenser les gains par des pertes
Les plus-values réalisées peuvent être compensées par des moins-values réalisées, à condition qu'elles aient été réalisées au cours de la même année fiscale. Ainsi, si tu as réalisé un bénéfice de 10 000 € sur la vente d'une action, mais une perte de 15 000 € sur la vente d'une autre action, le résultat est une perte nette de 5 000 € et tu ne seras donc pas imposé. Tu ne peux pas reporter les pertes sur les années suivantes.
Les pertes sur n'importe lequel de ces placements viennent s'imputer sur les gains réalisés sur les autres ; ainsi, une perte sur les cryptomonnaies peut annuler un gain sur des actions.
Ton courtier ne tiendra pas compte de tes pertes réalisées. Pour bénéficier de cette règle, qui te permet de compenser tes pertes par tes gains et de réduire ta facture fiscale, tu devras demander toi-même le remboursement dans ta déclaration d'impôt sur le revenu. Tu trouveras plus d'informations à ce sujet ci-dessous, dans la section consacrée à la gestion fiscale par les plateformes d'investissement.
Les restructurations de fonds sont exonérées d'impôt
Lorsqu'un ETF ou un fonds d'investissement fusionne avec un autre fonds, fait l'objet d'une scission ou est converti en un compartiment différent, cela ne constitue pas un événement imposable. Techniquement, tu « vends » tes parts, mais la loi ne considère pas cela comme une plus-value réalisée.
Ça marche tant que ce que tu reçois en échange, ce sont des parts des fonds concernés par l'opération. Le prix d'achat et la date d'achat de tes parts d'origine sont reportés sur les nouvelles, ce qui permet à ta position de conserver son statut d'exonération fiscale.
Déterminer le prix d'achat
Le moment photo : 31 décembre 2025
Selon l'accord gouvernemental, les plus-values réalisées avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi ne seront pas imposées. En d'autres termes, les bénéfices réalisés avant le 1er janvier 2026 resteront exonérés d'impôts.
Pour que ça soit possible, la loi prévoit une règle spéciale pour les placements achetés avant 2026 mais vendus après cette date. Au lieu de se baser sur le prix d'achat initial pour calculer la plus-value, la loi prend comme point de départ la valeur du placement au 31 décembre 2025. On appelle cette date le « moment de référence ».
À partir de 2026, ta plus-value imposable correspondra donc à la différence entre le prix de vente et la valeur de ton investissement à la date de référence.
Exemple
Tu as acheté un placement en 2022 pour 100 €. Au 31 décembre 2025, il vaut 150 €. Tu le vends ensuite en 2027 pour 170 €.
Ton bénéfice total est de 70 € (170 € - 100 €). Mais sur le plan fiscal, seul le gain de 20 € réalisé après 2025 est imposable (170 € - 150 €). Le gain de 50 € réalisé avant 2026 reste totalement exonéré d'impôt.
Cette règle garantit que le nouvel impôt sur les plus-values ne s'applique qu'aux bénéfices réalisés après l'entrée en vigueur de la loi, et non aux gains accumulés au cours des années précédentes.
Si tu investis en devises étrangères
Les banques n'utilisent pas toutes le même taux de change pour le 31 décembre 2025, car elles ne se basent pas sur le même moment de la journée. KBC utilise le taux de référence de la BCE vers 14 h 15, BNP et Belfius le London Fix à 17 h, et Saxo souvent la clôture de New York. Les différences se situent au quatrième chiffre après la virgule, ce qui, sur un gros portefeuille, peut quand même représenter quelques centaines d'euros.
Les autorités fiscales ont tranché : tu peux tout simplement utiliser le cours de clôture publié par ta banque ou ton courtier, que ce soit dans son application ou dans les documents qu'il t'envoie. Pas besoin de te prendre la tête pour trouver un cours officiel.
Lorsque ton prix d'achat initial était supérieur à la valeur de 2025
Dans la plupart des cas, la valeur de tes placements au 31 décembre 2025 sera supérieure au montant que tu as initialement investi. Ça veut dire que tu as une plus-value latente à ce moment-là.
Mais le contraire peut également se produire. Si le prix d'achat initial de ton investissement était supérieur à sa valeur au 31 décembre 2025, tu as une perte latente à cette date.
La loi prévoit une exception dans ce cas. Lorsque tu vendras finalement ce placement, tu pourras utiliser ton prix d'achat initial, plus élevé, plutôt que la valeur inférieure de 2025 pour calculer ta plus-value imposable. Cela te permet d'éviter d'être imposé sur les pertes antérieures survenues avant l'entrée en vigueur de la nouvelle taxe sur les plus-values.
Par exemple, imaginons que tu aies acheté des actions en 2024 pour 200 €. Au 31 décembre 2025, leur valeur a chuté à 150 €. Tu les vends ensuite en 2027 pour 210 €. En vertu de cette exception, tu peux utiliser ton prix d'achat initial de 200 € au lieu de la valeur inférieure de 2025 de 150 €. Ton gain imposable est donc calculé comme suit : 210 € - 200 € = 10 €. Sans cette règle, tu aurais été imposé sur 210 € - 150 € = 60 €.
Il y a deux conditions à retenir. Premièrement, cette exception ne s'applique qu'aux ventes réalisées jusqu'au 31 décembre 2030. À partir du 1er janvier 2031, elle n'est plus valable, et c'est toujours la valeur au 31 décembre 2025 qui servira de référence, même si ton prix d'achat initial était plus élevé. Deuxièmement, le fait de te référer à ton ancien prix d'achat peut ramener ta plus-value imposable à zéro, mais jamais en dessous : ça ne peut pas créer une perte que tu déduirais d'autres plus-values.
Et si tu vends ce placement après le 1er janvier 2026 en subissant une perte, tu ne pourras déduire que la perte subie après la date de référence. Les pertes antérieures à 2026 ne seront pas prises en compte fiscalement.
Ça marche dans les deux sens, et parfois en ta faveur. Si ton investissement valait plus au moment où la photo a été prise que le prix auquel tu l'as finalement vendu, tu peux déduire cette perte de tes impôts, même si tu as en réalité réalisé un bénéfice par rapport à ce que tu avais payé au départ.
Les courtiers n'appliqueront pas cette règle automatiquement. Ils se baseront toujours sur la valeur de ton investissement au 31 décembre 2025, quel que soit le prix que tu as payé à l'origine. Si tu souhaites bénéficier de la règle qui te permet d'utiliser ton prix d'achat historique le plus élevé, tu devras demander toi-même un remboursement via ta déclaration d'impôt sur le revenu. Tu trouveras plus d'informations à ce sujet ci-dessous.
La vente se fait dans l'ordre FIFO
Lorsque tu investis régulièrement dans le même actif, par exemple en achetant le même ETF chaque mois, tu te retrouves généralement avec plusieurs lots de ce placement, achetés à des prix différents.
Pour calculer ta plus-value lors d'une vente, l'administration fiscale applique le principe « premier entré, premier sorti » (FIFO). Cela signifie que lorsque tu vends une partie de ton portefeuille, les actions que tu as achetées en premier sont considérées comme celles que tu vends en premier. Ainsi, pour chaque vente, ton prix d'achat est calculé sur la base des parts les plus anciennes que tu détiens encore dans ton portefeuille. Cette règle détermine quelle partie de ton investissement est imposable et quel sera le montant de la plus-value imposable.
Exemple
Imaginons que tu aies acheté trois fois le même actif financier :
- 10 actions à 100 € chacune en 2026
- 20 actions à 150 € chacune en 2027
- 70 actions à 200 € chacune en 2028
Plus tard en 2028, tu vends 25 actions au prix de 200 € chacune. Selon la règle FIFO, les 10 premières actions vendues proviennent de ton achat de 2026, et les 15 actions suivantes proviennent de ton achat de 2027. Ton gain imposable est donc de :
- 10 × (€200 - €100) = €1,000
- 15 × (€200 - €150) = €750
Total des gains imposables : 1 750
Le point crucial est que tu n'as pas le choix. Même si tu préfères vendre les actions les plus récentes, qui te rapporteraient généralement moins de bénéfices, l'administration fiscale applique strictement le principe FIFO.
Un détail utile : le principe FIFO s'applique séparément pour chaque compte-titres. Si tu détiens le même ETF chez deux courtiers, chaque compte conserve son propre historique d'achats ; ainsi, vendre chez un courtier n'affecte pas l'historique chez l'autre.
Un prix moyen quand tu déclares le prix d'achat initial
L'exception ci-dessus te permet de déclarer le prix d'achat réel de tout ce que tu as acheté avant 2026, et ce jusqu'à fin 2030. Si tu as acheté plusieurs fois le même bien à l'époque, tu n'as pas besoin de rechercher chaque achat individuellement. Au lieu de ça, tous tes achats de ce bien effectués avant 2026 sont regroupés pour calculer un prix moyen unique par unité.
Exemple
Disons que t'as acheté des actions de l'ETF ABC avant 2026 :
- 2022 : 100 actions à 50 € → 5 000 €
- 2023 : 200 actions à 60 € → 12 000 €
- 2024 : 150 actions à 70 € → 10 500 €
Ça fait 450 actions pour 27 500 €, donc 27 500 € ÷ 450 = 61,11 € par action. Si tu déclares ton ancien prix d'achat, les 450 actions seront toutes considérées comme ayant été achetées à 61,11 €.
Dans ce cas précis, ça ne te servirait à rien. Si le cours au moment de la prise de photo était de 80 €, ce moment te donne déjà un point de départ plus élevé que 61,11 €, donc tu ferais mieux de ne rien changer. Ça vaut le coup de réclamer le cours moyen uniquement quand il est supérieur à la valeur au moment de la prise de photo, c'est-à-dire quand tu étais en perte à la fin de 2025.
En dehors de cette exception, tu n'as absolument pas besoin de la moyenne. Par défaut, chaque part que tu détenais au 31 décembre 2025 reprend simplement sa valeur à la date de l'instantané, et c'est la méthode FIFO qui détermine quelles parts tu vends.
Et si tu ne pouvais pas prouver ce que tu as payé ?
Si tu ne peux pas prouver combien tu as payé pour un bien, les autorités fiscales considèrent que son prix d'achat est nul, ce qui signifie que la totalité de la vente est considérée comme une plus-value. Ça peut paraître inquiétant, mais elles ont clairement précisé qu'il s'agissait d'un dernier recours, et dans la pratique, ça concerne surtout les biens que tu auras achetés après 2025.
Pour tout ce que tu détenais déjà avant 2026, tu n'as pas du tout besoin de prouver ce que tu as payé. Il te suffit de montrer que tu le détenais au 31 décembre 2025, et la valeur à cette date devient alors ton point de départ. N'importe quel type de justificatif fait l'affaire : relevés, factures, e-mails, captures d'écran datées, documents d'assurance. Pour les cryptomonnaies, une capture d'écran de ton application de trading indiquant le cours au 31 décembre 2025 suffit amplement.
C'est un soulagement, surtout pour les investisseurs en cryptomonnaies, vu que certaines plateformes d'échange ont fait faillite ou ont disparu et que les transferts de portefeuille à portefeuille laissent rarement de traces écrites.
Les placements hérités ou reçus en don gardent leur ancien prix d'achat
Si tu hérites de placements ou si on te les offre, tu ne pars pas de zéro. Ton prix d'achat correspond au montant que la personne qui te les a donnés a payé à l'origine.
Imaginons que ton parent ait acheté un portefeuille pour 20 000 € et qu'il vaille 30 000 € à son décès. Tu en hérites et tu le vends quelques années plus tard pour 35 000 €. Ta plus-value imposable est de 15 000 €, calculée à partir des 20 000 € initiaux de ton parent, et non à partir des 30 000 € que valait le portefeuille quand tu en as hérité.
Le fait d'hériter du portefeuille ou de le recevoir en don n'est pas imposable en soi. C'est la vente ultérieure qui l'est, et la plus-value imposable remonte alors jusqu'au montant payé par ton parent.
Convertir des devises étrangères
Quand tu achètes ou vends des investissements dans une devise autre que l'euro, la loi fiscale belge te demande de convertir le prix d'achat et le prix de vente en euros. Tu dois utiliser le taux de change en vigueur au moment exact de la transaction, c'est-à-dire le taux du jour où tu achètes ou vends.
D'après ce qu'on a vu, ça peut être un peu déroutant quand les taux de change bougent beaucoup. Mais c'est important, parce que les impôts regardent toujours ce que tu gagnes en euros, pas dans la devise d'origine.
Exemple
Imagine qu'en 2026, tu achètes des actions américaines pour 1 000 dollars, alors que le taux de change est de 1 euro = 1,11 dollar. La valeur de ton achat en euros est de :
1 000 dollars / 1,11 = 901 euros
En 2028, tu vends les mêmes actions pour 1 200 $. Le taux de change à ce moment-là est de 1 euro = 1,20 dollar, donc la valeur de vente en euros est de :
1 200 $ / 1,20 = 1 000 €
Ta plus-value est de 99 €, ce qui correspond à la différence entre :
- Prix de vente : 1 000 €
- Prix d'achat : 901 €
Même si les actions ont pris de la valeur en dollars, seul le gain en euros compte pour l'impôt belge sur les plus-values.
Gains de change sur les comptes espèces
Beaucoup d'investisseurs qui achètent des actions individuelles en dollars ont un compte en espèces en USD lié à leur compte-titres. Ça permet de faire facilement plusieurs opérations en dollars sans avoir à payer de frais de conversion à chaque fois.
Le hic, c'est que les dollars eux-mêmes sont imposables. Quand tu achètes une action américaine, tu « vends » des dollars depuis ton compte courant. Si le taux de change a évolué en ta faveur depuis que tu les as acquis, tu réalises une plus-value sur cette devise. Il en va de même lorsque tu reconviens tes dollars en euros.
Il y a toutefois une exception importante. L'argent qui se trouve sur un compte de paiement ordinaire, c'est-à-dire le genre de compte en devises que ta banque te propose pour effectuer des paiements, n'est pas du tout concerné par cette taxe. Les autorités fiscales l'ont exclu justement pour éviter d'imposer les gains de change sur les comptes courants.
On ne sait pas vraiment si le compte au comptant d'un courtier bénéficie de cette exemption, car ce n'est pas un compte de paiement au sens habituel du terme. En attendant d'en avoir la confirmation, le plus prudent est de partir du principe que les plus-values sur le solde en devises étrangères de ton courtier sont imposables et que tu dois les suivre toi-même, car ton courtier ne le fera pas. Le principe FIFO s'applique ici aussi : les premiers dollars entrants sont les premiers dollars sortants.
Encore un petit avertissement. Même pour un compte de paiement en bonne et due forme, les autorités fiscales ont précisé que les soldes importants qui servent clairement à investir peuvent être exclus de ce régime et imposés à 33 % au lieu de 10 %. Un compte en devises n'est pas un moyen de contourner l'impôt.
Comment la taxe est prélevée par les courtiers et les plateformes
La manière dont l'impôt est prélevé dépend du lieu où ton courtier ou ta plateforme d'investissement est établi. Les règles diffèrent entre les plateformes belges et étrangères. Et même parmi les plateformes belges, tu auras la possibilité de « renoncer » à la retenue d'impôt automatique.
Il existe essentiellement trois systèmes :
- Courtiers belges avec retenue d'impôt automatique (opt-in)
- Courtiers belges avec « opt-out » : pas de retenue à la source
- Courtiers étrangers : pas de retenue du tout
Quel que soit le régime fiscal dans lequel tu te trouves, la retenue à la source ne s'applique qu'aux titres et aux produits d'assurance. Les cryptomonnaies, les devises étrangères et l'or physique ne peuvent jamais faire l'objet d'une retenue à la source, tu dois donc toujours déclarer toi-même les plus-values réalisées sur ces actifs. Il en va de même pour l'impôt de sortie dont il est question plus bas.
1. Courtiers belges avec retenue d'impôt automatique (opt-in)
Si tu investis par l'intermédiaire d'un courtier, d'une banque ou d'une plateforme d'investissement belge, ceux-ci prélèveront automatiquement l'impôt sur les plus-values à ta place. C'est ce qu'on appelle le système « opt-in ». Ton courtier prélève 10 % de la plus-value au moment de la vente et la verse directement aux autorités fiscales belges. À la fin de l'année, tu reçois un relevé fiscal qui répertorie tes ventes et l'impôt déjà prélevé.
Ce système a ce qu'on appelle un effet libérateur. Comme l'impôt a déjà été payé, tu n'as pas besoin de déclarer à nouveau ces plus-values dans ta déclaration d'impôts.
Pourquoi la retenue à la source n'est pas parfaite
Le système d'adhésion volontaire est le plus pratique. Mais il présente quelques inconvénients qui peuvent être rédhibitoires pour certains :
- Les pertes ne sont pas prises en compte. Ton courtier ne compensera pas les plus-values par les pertes, même si la législation fiscale le permet.
- L'exonération annuelle de 10 000 € n'est pas prise en compte. Même si tes gains totaux pour l'année sont inférieurs à 10 000 €, le courtier retiendra quand même 10 % sur chaque vente rentable.
- La date de référence s'applique par défaut. Les courtiers calculeront tes gains en se basant sur la valeur au 31 décembre 2025, même si tu as acheté ce placement plus tôt à un prix plus élevé.
- Si ton courtier ne sait pas combien tu as payé, il retient 10 % sur le prix de vente total. Tu peux ensuite corriger ça dans ta déclaration d'impôts, en fournissant tes propres justificatifs.
Ce n'est pas parce que les courtiers font des difficultés. C'est simplement qu'ils n'ont pas une vue d'ensemble de ta situation. Ils ne savent pas ce que tu fais avec d'autres courtiers ou sur d'autres plateformes. La loi les oblige donc à envisager le pire scénario et à retenir la totalité de l'impôt sur chaque vente.
Demande cette exonération dans ta déclaration d'impôts
Comme ton courtier ne tient pas compte de l'abattement de 10 000 €, tu dois déclarer tes plus-values dans ta déclaration d'impôts annuelle pour en obtenir le remboursement. Si tu ne remplis pas ta déclaration, tu ne récupéreras pas le trop-perçu d'impôt retenu à la source.
Un prêt sans intérêts au gouvernement
Ce contournement pour le remboursement comporte deux autres inconvénients.
- Ça peut impliquer des calculs complexes de ton côté
- Ça peut prendre un certain temps avant que tu reçoives l'argent
Imagine qu'en janvier 2026, tu vends un ETF avec une plus-value de 7 000 €. C'est ta seule vente cette année-là. Comme les 10 000 premiers euros de plus-values par an sont exonérés d'impôt, ton impôt final devrait être nul. Mais au moment où tu vends, ton courtier ne sait pas si tu feras d'autres ventes plus tard dans l'année. Il doit donc partir du principe que la plus-value est imposable et prélever 10 %. Cela représente 700 € déduits immédiatement. Tu peux récupérer ces 700 € via ta déclaration d'impôts de 2026. Mais tu ne rempliras cette déclaration qu'aux alentours de juin 2027. Et le remboursement n'arrivera peut-être pas avant mi-2028.
Donc, même si la retenue automatique simplifie les choses au début, ça peut aussi vouloir dire que tu fais un prêt sans intérêts au gouvernement pendant jusqu'à deux ans et demi.
Période de transition début 2026
Les courtiers ne seront légalement tenus de prélever l'impôt qu'à partir du 1er juin 2026, et non dès le 1er janvier. Pour les ventes réalisées entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, tu peux demander à ton courtier de verser un montant équivalent à la retenue à la source. Ça sera considéré comme si l'impôt avait été prélevé normalement, donc tu n'as pas besoin de déclarer ces ventes toi-même. Tous les titulaires du compte doivent donner leur accord.
En pratique, la plupart des courtiers belges ont géré ça automatiquement, en couvrant rétroactivement les ventes à partir du début de l'année 2026. Les autorités fiscales ont indiqué qu'elles publieraient des directives spécifiques sur ce dispositif et sur la possibilité de se retirer, donc certains détails pratiques restent encore à préciser.
2. Courtiers belges avec « opt-out » (pas de retenue à la source)
Pour éviter ce problème de paiement anticipé et les autres contraintes liées à la retenue à la source, la loi te donne la possibilité de « renoncer » à la retenue automatique. Si tu choisis cette option, ton courtier belge ne prélèvera pas les 10 % d'impôt au moment de la vente. À la place, tu devras déclarer et payer toi-même l'impôt sur les plus-values dans ta déclaration annuelle d'impôt sur le revenu.
Pourquoi tu pourrais préférer l'opt-out
L'opt-out est une bonne idée si :
- Tu veux compenser les pertes. Par exemple, lorsque tu as fait des gains sur certains investissements mais des pertes sur d'autres. Tu ne peux le faire que par le biais de ta déclaration d'impôts.
- Tu as acheté des actifs avant 2026 à un prix plus élevé. Tu pourrais être autorisé à utiliser ton prix d'achat initial plutôt que la valeur à la date de référence, plus faible, ce qui réduit ta plus-value imposable.
- Tu ne veux pas attendre jusqu'à deux ans et demi pour obtenir un remboursement, comme dans l'exemple ci-dessus.
Le prix de l'opt-out : tu fais le calcul toi-même
Cette flexibilité a toutefois un prix : c'est à toi qu'il revient de déclarer le montant exact dans ta déclaration d'impôts. Tu devras calculer toi-même tes plus-values imposables ou demander l'aide d'un comptable.
Calculateur taxe sur les plus-values
Calculer l'impôt sur les plus-values n'est pas une mince affaire. C'est pourquoi nous avons mis au point un outil qui s'en charge à ta place. Il analyse les transactions effectuées auprès de ton courtier et t'indique exactement le montant de l'impôt que tu dois payer, pour que tu saches quoi déclarer.
Moins d'anonymat, plus de contrôle
Il y a un inconvénient majeur à choisir de ne pas participer au système. Lorsque tu déclares toi-même tes plus-values, tu perds la facilité offerte par la retenue à la source automatique. Avec le système de participation, les courtiers retiennent l'impôt et le versent aux autorités fiscales par tranches. Mais si tu choisis de ne pas participer, tu dois déclarer chaque transaction imposable directement aux autorités fiscales.
Ça permet aux autorités fiscales d'avoir une vue d'ensemble détaillée de tes investissements. Par exemple, en se basant sur ces infos, elles peuvent décider que tu ne te contentes plus de gérer ton patrimoine, mais que tu fais de la spéculation. Si ça arrive, tes plus-values peuvent être imposées à un taux bien plus élevé, de 33 % au lieu de 10 %.
Cela dit, c'est à eux de le prouver. On part du principe que ta déclaration est exacte, et c'est à eux, pas à toi, de démontrer que tu es tombé dans la spéculation.
Plusieurs courtiers ont envoyé des e-mails à leurs clients pour leur demander s'ils souhaitaient se désabonner.
3. Courtiers étrangers : pas de retenue du tout
Si tu utilises un courtier étranger, tel que DEGIRO, Trade Republic ou une autre plateforme sans succursale belge, la situation change complètement.
Les courtiers étrangers ne sont pas tenus de prélever l'impôt belge sur les plus-values. Ils ne s'en soucient tout simplement pas. Il n'y a pas non plus de garantie qu'un courtier étranger te fournisse une attestation fiscale compatible avec le système belge.
Ça veut dire que tu devras probablement :
- Calculer toi-même tes gains et tes pertes, pour chaque transaction.
- Tenir un registre de tous tes achats et de toutes tes ventes.
- Déclarer tout correctement dans ta déclaration de revenus annuelle.
Cela peut être long et complexe, surtout si tu investis régulièrement ou si tu utilises plusieurs plateformes.
Curvo n'a pas de succursale en Belgique, donc on ne peut pas prélever l'impôt sur les plus-values pour toi. Mais on fera tout pour te faciliter la tâche quand tu devras déclarer les bons montants. Comme pour la taxe Reynders et la déclaration de ton compte Curvo, on te donnera des guides détaillés étape par étape et des calculs précis. Et si t'as des questions, on est là pour t'aider.
Comparaison : comment les courtiers gèrent l'impôt sur les gains en capital
| Courtier belge (retenue) | Courtier belge (opt-out) | Courtier étranger | |
|---|---|---|---|
| Comment les impôts sont traités | 10 % d'impôts automatiquement retenus à chaque vente | Pas de retenue à la source : tu déclares toi-même l'impôt dans ta déclaration annuelle. | Pas de retenue à la source : tu dois tout calculer et déclarer manuellement. |
| Avantages | Option la plus simple, aucune déclaration de revenus n'est nécessaire | Tu peux compenser les pertes, appliquer les exemptions et éviter les remboursements anticipés. | Les frais de transaction sont généralement moins élevés |
| Inconvénients | Tu ne peux pas compenser tes pertes ni bénéficier d'une exonération ; tu devras peut-être attendre jusqu'à deux ans et demi pour obtenir un remboursement | Exige plus d'administration et une divulgation complète des transactions | Rapports complexes, risque élevé d'erreurs, pas de soutien fiscal belge. |
| Meilleur pour | Simplicité et automatisation | Contrôle et efficacité fiscale | Si tu es à l'aise avec la paperasserie et les déclarations de revenus. |
Les principaux enseignements sont les suivants :
- Courtier belge avec retenue à la source : option la plus simple, mais tu risques de payer temporairement trop et d'attendre un remboursement.
- Courtier belge avec option de dérogation : plus de contrôle et un accès plus rapide à ton argent, mais tu devras remplir ta déclaration d'impôts toi-même.
- Courtier étranger : DIY complet sans retenue et très probablement pas d'aide (sauf pour Curvo !).
La taxe de sortie lorsque tu déménages de Belgique
Si tu vis en Belgique et que tu décides de déménager dans un autre pays, tu pourrais être concerné par ce qu'on appelle l'impôt de sortie.
Lorsque tu transfères ta résidence fiscale hors de Belgique, la loi considère que tu as « vendu » tous tes placements à ce moment-là, même si tu n’as en réalité rien vendu. Cela signifie que tous les gains latents (bénéfices qui n’existent que sur le papier) accumulés depuis le 1er janvier 2026 sont imposés comme s’ils avaient été réalisés.
En bref : lorsque tu quittes la Belgique, tu peux être redevable d'un impôt sur des bénéfices que tu n'as pas encore encaissés.
Une exception : si tu as quitté la Belgique en 2026 avant le 1er mai, date d'entrée en vigueur de la loi, l'impôt de sortie ne s'applique pas du tout à toi.
Tu n'as pas besoin de payer tout de suite si tu déménages au sein de l'UE ou de l'EEE
La bonne nouvelle, c'est que la Belgique reconnaît à quel point cela serait injuste pour les personnes qui se déplacent fréquemment pour leur travail, en particulier les citoyens de l'UE et les professionnels étrangers.
Si tu déménages dans un pays qui fait partie de la :
- Union européenne (UE),
- Espace économique européen (EEE), y compris la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, ou
- tout autre pays ayant conclu une convention fiscale qui prévoit l'échange d'informations et la coopération avec la Belgique,
tu bénéficieras alors automatiquement d'un report. Cela signifie que tu n'auras pas à payer l'impôt de sortie immédiatement lorsque tu quitteras la Belgique.
Exemple : un employé de l'UE qui déménage à l'étranger
Imaginons que tu travailles pour une institution européenne à Bruxelles et que tu prévoies de déménager au Luxembourg en 2026 pour occuper un nouveau poste. Tu possèdes un portefeuille d'ETF dont la valeur a augmenté depuis 2026.
Normalement, quitter la Belgique entraînerait l'application d'une taxe de sortie, car tu transfères ta résidence fiscale à l'étranger. Mais comme le Luxembourg est un pays de l'UE, le paiement de tes impôts est automatiquement reporté. Tu n'auras pas à vendre tes placements ni à payer d'impôt sur ceux-ci lors de ton déménagement.
Tant que tu ne vends pas ces placements dans les deux ans et que tu continues à résider dans l'UE, l'obligation fiscale prendra fin au bout de 24 mois. Tu n'auras en fait jamais à payer l'impôt de sortie.
La « période de suivi » de 24 mois
Lorsque tu déménages, le report d'impôt dure 24 mois. Pendant cette période :
- Tu ne peux pas vendre les placements concernés par le report d'imposition. Si tu en vends une partie, l'impôt n'est dû que sur cette partie-là, et le report continue pour le reste. Utiliser ces placements comme garantie pour un prêt équivaut à les vendre.
- Tu peux déménager à nouveau pendant cette période (par exemple, de la Belgique à la France, puis à l'Allemagne), tant que tu restes au sein de l'UE, de l'EEE ou d'un pays signataire du traité.
Chaque année, tu devras envoyer une brève confirmation aux autorités fiscales belges pour montrer que tu remplis toujours ces conditions. Si tu oublies de le faire, le report prend fin et l'impôt devient exigible. La forme exacte et la date limite pour cette confirmation doivent encore être fixées par arrêté royal.
Si tu déménages dans un pays hors de l'UE ou de l'EEE, ou dans un pays avec lequel il n'existe pas de convention fiscale éligible, le report n'est pas automatique. Tu peux quand même demander un report de paiement, mais tu devras fournir une garantie financière, comme un dépôt bancaire ou une caution, pour couvrir le montant de l'impôt éventuel.
Quand la taxe de sortie expire-t-elle ?
Après 24 mois :
- Si tu es rentré en Belgique et que tu n'as pas vendu tes placements, l'impôt de sortie est annulé.
- Si tu es resté à l'étranger et que tu détiens toujours ces placements, l'obligation fiscale expire. Tu n'auras rien à payer.
Principaux enseignements
Pour la plupart des étrangers qui vivent et travaillent en Belgique, en particulier ceux qui pourraient déménager ailleurs en Europe, l'impôt de sortie n'entraînera pas de coût immédiat. Si tu déménages dans un autre pays de l'UE ou de l'EEE, ton paiement est automatiquement reporté, et l'obligation fiscale disparaît au bout de deux ans si tu ne vends pas tes placements. Mais si tu prévois de déménager hors d'Europe, ou si tu oublies de respecter les conditions de déclaration, tu pourrais te retrouver avec une véritable facture fiscale sur tes plus-values. Il est donc judicieux de te préparer avant de quitter la Belgique.
Stratégie pour les investisseurs belges
L'impôt sur les plus-values pourrait modifier certains aspects pratiques pour les investisseurs en Belgique, mais il ne change en rien les principes fondamentaux d'un bon investissement.
Réaliser gains et pertes au bon moment
Il y a deux points qu'il faut bien comprendre, et les autorités fiscales ont confirmé que le fait de choisir délibérément le moment de tes ventes pour tirer le meilleur parti de tes exonérations ne constitue pas un abus.
La première consiste à vendre à perte pour compenser des plus-values réalisées ailleurs au cours de la même année. Ça marche, mais seulement si tu as des plus-values à compenser, et ça t'entraîne des frais de transaction et des droits de bourse, qui ne réduisent en rien ta plus-value imposable.
La deuxième solution consiste à vendre avec une plus-value dans la limite de ton abattement de 10 000 €, puis à racheter immédiatement. Il n'y a pas de délai d'attente, tu peux donc le faire le jour même. Tu ne paies pas d'impôt, et ton nouveau prix d'achat, plus élevé, devient alors la base de calcul, ce qui réduit la plus-value sur laquelle tu seras éventuellement imposé.
Trois choses à prendre en compte avant de t'y mettre :
- Ça te coûte ta part supplémentaire. Piocher dans tes 10 000 € de base, c'est justement ce qui t'empêche de mettre de côté les 1 000 € supplémentaires pour l'année prochaine.
- L'opération n'est pas gratuite. La taxe boursière, les frais de courtage et l'écart de cours sont tous à ta charge, et aucun de ces frais n'est déductible. Sur 10 000 € de plus-value, tu économises 1 000 € d'impôts futurs ; les frais doivent donc rester bien en dessous de ce montant.
- N'en fais pas trop. Si tes opérations commencent à ressembler davantage à de la spéculation qu'à une gestion de ton patrimoine, tes gains pourraient être imposés à 33 % au lieu de 10 %. Le fait de le faire une fois par an sur un portefeuille « acheter et conserver » est bien loin de franchir cette limite.
Il y a aussi une petite subtilité pour tout ce que tu détenais avant 2026. Si tu le vends, ça remplace ta « valeur de référence » (celle de la photo) par une valeur réelle, ce qui te fait perdre le droit de revendiquer un prix d'achat plus élevé (celui d'avant 2026) avant 2031. Ça n'a d'importance que si tu as vraiment payé plus que ce que ça valait au 31 décembre 2025.
Et soyons honnêtes : c'est du bricolage. Ça va à l'encontre de la philosophie d'un investisseur assidu qui achète et conserve ses titres, où tu investis sereinement, tu évites de tout chambouler et tu laisses le temps faire son œuvre.
S'en tenir aux principes fondamentaux
Même avec cette nouvelle taxe, les principes fondamentaux de l'investissement à long terme restent les mêmes :
- Investis régulièrement dans des ETF diversifiés à l'échelle mondiale.
- Reste investi indépendamment de ce que fait le marché.
- Adopte une stratégie rigoureuse consistant à investir chaque mois une partie de tes revenus.
Cette nouvelle taxe pourrait avoir une incidence sur la manière dont ton courtier gère les transactions, mais elle ne change en rien les raisons pour lesquelles l'investissement dans les ETF fonctionne. Les investisseurs qui réussissent le mieux restent ceux qui achètent, conservent leurs titres et laissent la croissance composée faire son œuvre, tout en restant sereins.
Ce sont les raisons pour lesquelles Curvo convient parfaitement à l'investisseur qui souhaite simplement faire fructifier son patrimoine. Les portefeuilles sont composés de fonds indiciels diversifiés à l'échelle mondiale, ce qui signifie que tu gagnes une partie de la croissance de l'économie mondiale. En mettant en place une contribution mensuelle automatisée à partir de 50 €, tu peux adopter les meilleures habitudes en matière d'argent sans effort. Enfin, tu peux fixer ton objectif et suivre tes progrès pour l'atteindre.

Évite la galère des comptes en devises étrangères
Si tu achètes des actions individuelles en dollars via un compte en espèces en USD, tu dois vérifier les gains de change à chaque mouvement sur ce compte. Ça te donne vite une montagne de calculs à faire.
Une solution simple pour éviter ça : investis dans des ETF libellés en euros. Ton courtier gère automatiquement le taux de change à l'achat et à la vente, et tu n'as pas besoin d'un compte en espèces distinct dans une devise étrangère. Pas de calculs supplémentaires, pas de déclarations supplémentaires.
Avec Curvo, tu investis dans des ETF en euros, donc pas besoin de comptes en devises étrangères. Pas besoin de se prendre la tête avec les gains de change.
Conclusion
L'impôt sur les plus-values ajoute une nouvelle couche à l'investissement en Belgique, mais ce n'est pas la fin du monde. Avec une exonération de 10 000 € que vous pouvez même accumuler au fil du temps, et la possibilité de compenser les pertes par les gains, beaucoup d'entre vous ne seront pratiquement pas touchés dans la pratique.
Ce qui change, c'est l'administration. Tu devras mieux garder trace de tes achats et ventes. Tu devras peut-être demander le remboursement des impôts payés en trop via ta déclaration annuelle. Et si tu investis via un courtier étranger, tu devras faire tous les calculs toi-même. Ce ne sont pas des obstacles insurmontables, mais ça peut être vraiment pénible.
La bonne nouvelle, c'est que les plateformes s'adaptent. Certaines vont prélever l'impôt automatiquement. D'autres, comme Curvo, vont te donner des conseils clairs et t'aider à déclarer correctement. Dans tous les cas, le but reste le même : se constituer un patrimoine petit à petit en investissant dans des fonds indiciels diversifiés et en gardant ses placements sur le long terme. C'est ça qui rapporte vraiment, pas les astuces fiscales.