Guide de l'investisseur sur la taxe sur les plus-values

29 décembre 2025
14 minutes

Pendant des années, la Belgique était l'un des rares pays européens où on pouvait vendre des actions et des ETF sans payer d'impôt sur les plus-values. Ça va changer le 1er janvier 2026.

Le nouveau gouvernement a mis en place une taxe de 10 % sur les plus-values pour tous les actifs financiers. Si tu investis en Belgique, ça te concerne. Mais les règles sont plus compliquées qu'elles n'en ont l'air. Il y a une exonération de 10 000 €, une règle dite « instantanée » pour les actifs que tu possèdes déjà et un traitement différent selon que tu utilises un courtier belge ou étranger.

On va t'expliquer en détail comment ça marche, ce que ça veut dire pour tes investissements et ce que tu dois faire avant la fin de 2025.

Les informations contenues dans l'article sont basées sur le dernier projet de loi du 18 juillet 2025. Nous mettrons l'article à jour dès que de nouveaux détails seront publiés par le gouvernement.

Impôt de 10 % avec exonération de 10 000 €

En janvier 2025, le nouveau gouvernement belge a conclu un accord pour la coalition. Dans le cadre de celui-ci, ils ont accepté d'introduire une taxe de 10 % sur les plus-values des actifs financiers. Une plus-value est le bénéfice que tu réalises lorsque tu vends un investissement pour un montant supérieur à celui que tu as payé. Jusqu'à présent, la Belgique n'avait pas d'impôt sur les plus-values pour les actions et les ETF d'actions.

Heureusement, les premiers 10 000 € de plus-values sont exonérés.

Calculateur taxe sur les plus-values

Le calcul de la taxe sur les plus-values sera délicat. C'est pourquoi nous construisons un outil qui le fait pour toi. Il analyse tes transactions et t'indique exactement le montant de l'impôt que tu dois, afin que tu saches ce que tu dois déclarer.

Sois averti de son lancement

À partir du 1er janvier 2026

La taxe devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2026, même si la loi elle-même ne sera officiellement approuvée que plus tard dans l'année.

La bonne nouvelle, c'est que ça ne s'appliquera pas rétroactivement. Toutes les plus-values réalisées jusqu'au 31 décembre 2025 restent exonérées d'impôt. En gros, tu ne paieras pas d'impôt sur les plus-values pour 2025, même si tu remplis ta déclaration d'impôt en 2026.

Tous les types d'actifs financiers

La taxe couvre un large éventail d'actifs financiers :

  • ‍ETF, ainsi que les fonds indiciels, les ETN et les ETC
  • Actions
  • Fonds communs de placement
  • Obligations
  • Monnaies
  • Les matières premières comme l'or. Les bijoux en or ne sont pas concernés par l'impôt sur les plus-values. Ils restent non imposables tant que tu ne les échanges pas pour réaliser des bénéfices.
  • Les crypto-actifs, y compris les NFT
  • Les produits financiers dérivés comme les options, les contrats à terme et les CFD

Les actifs que tu as en Belgique et à l'étranger sont concernés par l'impôt.

Il faut dire que les produits d'épargne-pension belges sont exemptés.

Exonération de 10 000 € pouvant aller jusqu'à 15 000 €

Les premiers 10 000 € de gains par an et par personne sont exonérés d'impôt. Ce montant sera indexé chaque année, ce qui signifie qu'il suivra plus ou moins l'inflation

Si tu n'utilises pas la totalité de ton exonération, une partie peut être reportée sur l'année suivante :

  • Seul 1/10 de l'exonération annuelle (donc 1 000 € si l'exonération est de 10 000 €) peut être reporté chaque année.
  • Tu peux cumuler les parties non utilisées jusqu'à un maximum de cinq ans, ce qui signifie que le report total ne peut pas dépasser 5 000 €.
  • Lorsque tu utilises ton exonération au cours d'une année donnée, tu dois d'abord utiliser les montants reportés les plus anciens. C'est ce qu'on appelle le principe FIFO, "first in, first out".

Ainsi, si tu n'utilises pas la totalité de ton exonération, tu peux reporter 1 000 € par an, jusqu'à un total de 5 000 €. Cela permet à ton exonération maximale de passer de 10 000 € à 15 000 € si elle n'est pas utilisée pendant cinq ans.

Exemple

Admettons que tu ne vendes aucun de tes investissements en 2026. Cela signifie que tu n'utilises pas ton exonération annuelle de 10 000 €. Les règles fiscales te permettent de reporter un dixième de ce montant, soit 1 000 €, sur l'année suivante.

En 2027, ton exonération est désormais de 11 000 €. Si à nouveau tu ne l'utilises pas, tu peux reporter encore 1 000 €. Ton exonération pour 2028 devient alors de 12 000 €.

Tu peux continuer à le faire pendant cinq ans au maximum. Chaque année où tu n'utilises pas ton exonération, tu reportes 1 000 €, jusqu'à un maximum de 5 000 €. Au bout de cinq ans, ton exonération totale peut donc atteindre 15 000 € (10 000 € d'exonération annuelle + 5 000 € reportés des années précédentes).

Si tu réalises ensuite une plus-value, les 15 000 premiers euros de bénéfice seront exonérés d'impôt.

Les coûts et les taxes ne sont pas inclus dans le calcul des gains en capital

Lorsque tu vends un investissement, il est tentant de soustraire tous les coûts et les frais pour calculer ton "vrai" bénéfice. Mais pour l'impôt sur les plus-values, ce n'est pas permis. La loi stipule clairement qu'aucun coût ou taxe lié à l'achat ou à la vente d'un actif ne peut être pris en compte dans le calcul de ta plus-value. Cela comprend les frais de courtage, les frais de transaction et la tax boursière (TOB). Ainsi, ton prix d'achat et ton prix de vente sont considérés comme des montants bruts, avant tout coût ou taxe.

Imaginons que tu achètes un investissement pour 10 000 €. Tu paies également 15 € de frais de courtage et 12 € de taxe boursière, de sorte que le montant total sortant de ton compte est de 10 027 €.

Quelque temps plus tard, tu vends le même investissement pour 13 000 €. Là encore, tu paies 15 € de frais de courtage et 16 € de taxe boursière, ce qui laisse 12 969 € sur ton compte.

De ton point de vue, ton bénéfice semble être de 12 969 € - 10 027 € = 2 942 €. Mais pour l'impôt sur les plus-values, ces coûts supplémentaires ne comptent pas. Le fisc calcule que ton gain est de 13 000 € - 10 000 € = 3 000 €. Même si tu as en fait gagné un peu moins, tu seras imposé sur la totalité du gain brut de 3 000 €.

Tu peux compenser les gains par des pertes

Les plus-values réalisées peuvent être compensées par des moins-values réalisées, à condition qu'elles aient été réalisées au cours de la même année fiscale. Ainsi, si tu as réalisé un bénéfice de 10 000 € sur la vente d'une action, mais une perte de 15 000 € sur la vente d'une autre action, le résultat est une perte nette de 5 000 € et tu ne seras donc pas imposé. Tu ne peux pas reporter les pertes sur les années suivantes.

Ton courtier ne tiendra pas compte de tes pertes réalisées. Pour bénéficier de cette règle, qui te permet de compenser les pertes par les gains et de réduire ta facture fiscale, tu devras demander le remboursement toi-même par le biais de ta déclaration d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Tu trouveras plus d'informations à ce sujet ci-dessous dans la section concernant le traitement de l'impôt par les plateformes d'investissement.

Déterminer le prix d'achat

Instantané au 31 décembre 2025 pour les biens achetés avant 2026

Selon l'accord gouvernemental, les plus-values réalisées avant l'entrée en vigueur de la nouvelle loi ne seront pas imposées. En d'autres termes, les bénéfices réalisés avant le 1er janvier 2026 resteront exonérés d'impôts.

Pour que ça marche, la loi met en place une règle spéciale pour les investissements achetés avant 2026 mais vendus après cette date. Au lieu de se baser sur le prix d'achat initial pour calculer le gain, la loi prend comme point de départ la valeur de l'actif au 31 décembre 2025. Cette date, c'est ce qu'on appelle le « moment instantané » ou « moment photo ».

À partir de 2026, ta plus-value imposable sera donc la différence entre le prix de vente et la valeur de ton investissement au 31 décembre 2025.

Exemple

Tu as acheté un investissement en 2022 pour 100 €. Le 31 décembre 2025, il vaut 150 €. Tu le revends ensuite en 2027 pour 170 €.

Ton bénéfice total est de 70 € (170 € - 100 €). Mais sur le plan fiscal, seul le gain de 20 € réalisé après 2025 est imposable (170 € - 150 €). Le gain de 50 € réalisé avant 2026 reste totalement exonéré d'impôt.

Cette règle garantit que le nouvel impôt sur les plus-values ne s'applique qu'aux bénéfices réalisés après l'entrée en vigueur de la loi, et non aux gains accumulés au cours des années précédentes.

Lorsque ton prix d'achat initial était supérieur à la valeur de 2025

Dans la plupart des cas, la valeur de tes investissements au 31 décembre 2025 sera supérieure à ce que tu as payé au départ. Cela signifie que tu disposes d'une plus-value non réalisée à ce que l'on appelle le "moment de l'instantané".

Mais le contraire peut également se produire. Si le prix d'achat initial de ton investissement était supérieur à sa valeur au 31 décembre 2025, tu as une perte latente à cette date.

La loi prévoit une exception dans cette situation. Lorsque tu vendras le placement, tu pourras utiliser ton prix d'achat initial plus élevé au lieu de la valeur inférieure de 2025 pour calculer ton gain imposable. Cela te permet de ne pas être imposé sur des pertes antérieures qui se sont produites avant l'entrée en vigueur de la nouvelle taxe sur les plus-values.

Par exemple, imaginons que tu aies acheté des actions en 2024 pour 200 €. Au 31 décembre 2025, leur valeur a chuté à 150 €. Tu les vends ensuite en 2027 pour 210 €. En vertu de cette exception, tu peux utiliser ton prix d'achat initial de 200 € au lieu de la valeur inférieure de 2025 de 150 €. Ton gain imposable est donc calculé comme suit : 210 € - 200 € = 10 €. Sans cette règle, tu aurais été imposé sur 210 € - 150 € = 60 €.

Il y a une condition essentielle à retenir : cette exception ne s'applique qu'aux ventes effectuées jusqu'au 31 décembre 2030. À partir du 1er janvier 2031, l'exception expire. Après cela, la valeur du 31 décembre 2025 sera toujours utilisée comme point de référence, même si ton prix d'achat initial était plus élevé.

Et si tu vends à perte l'investissement après le 1er janvier 2026, tu ne pourras déduire que la perte survenue après la date de l'instantané. Les pertes antérieures à 2026 ne seront pas reconnues fiscalement.

Les courtiers n'appliqueront pas cette règle automatiquement. Ils utiliseront toujours la valeur de ton investissement au 31 décembre 2025, indépendamment de ce que tu as payé à l'origine. Si tu veux faire usage de la règle qui te permet d'utiliser ton prix d'achat historique plus élevé, tu devras demander toi-même un remboursement par le biais de ta déclaration d'impôt sur le revenu des personnes physiques. Tu trouveras plus d'informations à ce sujet ci-dessous.

La vente se fait dans l'ordre FIFO

Lorsque tu investis régulièrement dans le même actif, par exemple en achetant le même ETF tous les mois, il est probable que tu possèdes plusieurs lots de cet investissement achetés à des prix différents.

Pour calculer ta plus-value lors de la vente, l'administration fiscale applique le principe du "premier entré, premier sorti" (FIFO). Cela signifie que lorsque tu vends une partie de tes avoirs, les actions que tu as achetées en premier sont considérées comme celles que tu vends en premier. Ainsi, pour chaque vente, ton prix d'achat est basé sur les parts les plus anciennes que tu détiens encore dans ton portefeuille. Cette règle détermine quelle partie de ton investissement est imposée et quel sera le montant du gain imposable.

Exemple

Imaginons que tu aies acheté trois fois le même actif financier :

  • 10 actions à 100 € chacune en 2026
  • 20 actions à 150 € chacune en 2027
  • 70 actions à 200 € chacune en 2028

Plus tard en 2028, tu vends 25 actions au prix de 200 € chacune. Selon la règle FIFO, les 10 premières actions vendues proviennent de ton achat de 2026, et les 15 actions suivantes proviennent de ton achat de 2027. Ton gain imposable est donc de :

  • 10 × (€200 - €100) = €1,000
  • 15 × (€200 - €150) = €750

Total des gains imposables : 1 750

Le point crucial est que tu n'as pas le choix. Même si tu préfères vendre les actions les plus récentes, qui te rapporteraient généralement moins de bénéfices, l'administration fiscale applique strictement le principe FIFO.

Prix d'achat moyen pondéré pour les investissements achetés avant 2026

Il y a une règle en plus si t'as acheté le même actif plusieurs fois avant le 1er janvier 2026. Pour ces « anciens » achats, tu n'utilises pas la méthode FIFO pour déterminer le prix d'achat. Tu dois plutôt utiliser un prix d'achat moyen pondéré par actif. C'est une exception à la règle FIFO expliquée plus haut, qui ne s'applique qu'à partir de 2026.

En gros, tous tes achats avant 2026 de la même action ou du même ETF sont regroupés dans un seul panier avec un prix moyen par unité.

Exemple

Disons que t'as acheté des actions de l'ETF ABC avant 2026 :

  • 2022 : 100 actions à 50 € → 5 000 €
  • 2023 : 200 actions à 60 € → 12 000 €
  • 2024 : 150 actions à 70 € → 10 500 €

Au total :

  • 450 actions
  • Coût total : 27 500 €

Ton prix d'achat moyen pondéré est de :

27 500 € ÷ 450 = 61,11 € par action

Pour les impôts, les 450 « anciennes » actions sont considérées comme si tu les avais achetées à 61,11 € chacune.

Maintenant, disons que le prix au 31 décembre 2025 (la date de référence) est de 80 € par action, et qu'en 2028, tu vends 200 actions à 90 €.

Pour ces 200 actions :

  • Valeur instantanée : 200 × 80 € = 16 000 €
  • Valeur de vente : 200 × 90 € = 18 000 €

Ton gain en capital imposable, c'est juste la partie après 2025 :

18 000 € − 16 000 € = 2 000 € de gain imposable

Le bénéfice compris entre 61,11 € et 80 € a été réalisé avant 2026, il reste donc non imposable.

Si tu achètes aussi plus de parts du même ETF après 2025, ces nouveaux achats suivent la règle FIFO normale expliquée plus haut. Quand tu vends, les parts les plus anciennes (le pool pré-2026 avec la moyenne pondérée) sont considérées comme vendues en premier, et les achats plus récents post-2025 ne sont utilisés qu'une fois que l'ancien pool est épuisé.

Convertir des devises étrangères

Quand tu achètes ou vends des investissements dans une devise autre que l'euro, la loi fiscale belge te demande de convertir le prix d'achat et le prix de vente en euros. Tu dois utiliser le taux de change en vigueur au moment exact de la transaction, c'est-à-dire le taux du jour où tu achètes ou vends.

D'après ce qu'on a vu, ça peut être un peu déroutant quand les taux de change bougent beaucoup. Mais c'est important, parce que les impôts regardent toujours ce que tu gagnes en euros, pas dans la devise d'origine.

Exemple

Imagine qu'en 2026, tu achètes des actions américaines pour 1 000 dollars, alors que le taux de change est de 1 euro = 1,11 dollar. La valeur de ton achat en euros est de :

1 000 dollars / 1,11 = 901 euros

En 2028, tu vends les mêmes actions pour 1 200 $. Le taux de change à ce moment-là est de 1 euro = 1,20 dollar, donc la valeur de vente en euros est de :

1 200 $ / 1,20 = 1 000 €

Ta plus-value est de 99 €, ce qui correspond à la différence entre :

  • Prix de vente : 1 000 €
  • Prix d'achat : 901 €

Même si les actions ont pris de la valeur en dollars, seul le gain en euros compte pour l'impôt belge sur les plus-values.

Tu dois être en mesure de prouver le prix d'achat

Si tu ne peux pas prouver combien tu as payé à l'origine pour un investissement, les autorités fiscales belges considèrent que ton prix d'achat est de zéro. Ça veut dire que le montant total que tu reçois quand tu vends est considéré comme une plus-value imposable.

Ça peut devenir un vrai problème pour les investisseurs en cryptomonnaies. Des plateformes d'échange ont fait faillite ou ont disparu, les transferts de portefeuille à portefeuille sont rarement bien documentés et la conservation autonome rend le suivi plus compliqué que prévu. Beaucoup d'investisseurs de la première heure n'ont tout simplement pas les documents dont ils ont besoin.

Si tu as des cryptos, c'est important que d'ici le 31 décembre 2025, tu puisses prouver deux trucs :

  1. que tu possèdes les biens
  2. leur valeur marchande à cette date (qui est publique)

Si tu peux montrer les deux, la valeur au 31 décembre 2025 devient ton prix d'achat et tu évites le problème de la base zéro. Par exemple, tu peux prouver que tu contrôles un portefeuille en signant un message cryptographique avec un horodatage.

Comment la taxe sera collectée par les courtiers et les plateformes

Lorsque la nouvelle taxe sur les plus-values entrera en vigueur le 1er janvier 2026, la façon dont elle sera perçue dépendra de l'endroit où ton courtier ou ta plateforme d'investissement est basé. Les règles diffèrent entre les plateformes belges et étrangères. Et même parmi les belges, tu auras la possibilité d'"opter" pour la retenue automatique de l'impôt.

Il existe essentiellement trois systèmes :

  1. Courtiers belges avec retenue d'impôt automatique (opt-in)
  2. Courtiers belges avec « opt-out » : pas de retenue à la source
  3. Courtiers étrangers : pas de retenue du tout

1. Courtiers belges avec retenue d'impôt automatique (opt-in)

Si tu investis via un courtier, une banque ou une plateforme d'investissement belge, l'impôt sur les plus-values sera généralement prélevé automatiquement lorsque tu vendras un investissement avec un bénéfice. C'est ce qu'on appelle la retenue à la source.

En gros, ton courtier prend 10 % de la plus-value quand tu vends et envoie directement cet argent aux impôts belges. À la fin de l'année, tu reçois un relevé fiscal qui montre tes ventes et les impôts déjà payés.

Ce système a ce qu'on appelle un effet libérateur. Comme l'impôt est déjà payé, tu n'as pas besoin de déclarer à nouveau ces plus-values dans ta déclaration d'impôts.

Un système qui n'est pas encore opérationnel

Il y a un truc important à savoir. Les courtiers ne commenceront pas à retenir l'impôt avant que la loi soit officiellement adoptée, ce qui devrait se faire plus tard en 2026.

En annonçant cette taxe avant que son cadre juridique soit complètement approuvé, le gouvernement a créé une situation un peu confuse. Sur le papier, la taxe existe, mais en pratique, les courtiers ne peuvent pas encore l'appliquer.

Pourquoi la retenue automatique n'est pas parfaite

Même quand la retenue est activée, le système a des limites évidentes :

  • Les pertes ne sont pas prises en compte. Ton courtier ne compensera pas les gains en capital avec les pertes, même si les règles fiscales le permettent.
  • L'exonération annuelle de 10 000 € n'est pas prise en compte. Même si tes gains totaux pour l'année sont inférieurs à 10 000 €, le courtier retiendra quand même 10 % sur chaque vente rentable.
  • Le moment photo du 31 décembre 2025 s'applique par défaut. Les courtiers calculeront les gains en utilisant le prix de la capture d'écran, même si vous avez acheté le placement plus tôt à un prix plus élevé.

Ce n'est pas parce que les courtiers sont difficiles. Ils n'ont tout simplement pas une vue d'ensemble de ta situation. Ils ne peuvent pas voir ce que tu fais avec d'autres courtiers ou plateformes. Donc, selon la loi, ils doivent envisager le pire scénario et retenir l'intégralité de l'impôt sur chaque vente.

Un prêt sans intérêts au gouvernement

Si trop d'impôts sont retenus, tu peux récupérer la différence via ta déclaration d'impôts annuelle. Mais ça a deux inconvénients.

D'abord, ça peut signifier des calculs compliqués pour toi. Ensuite, ça peut prendre un sacré moment avant que tu ne récupères ton argent. Voici comment ça se passe en pratique.

Imagine qu'en janvier 2026, tu vends un ETF avec une plus-value de 7 000 €. C'est ta seule vente cette année-là. Comme les premiers 10 000 € de gains par an sont exonérés d'impôt, tu ne devrais rien payer d'impôt.

Mais au moment où tu vends, ton courtier ne sait pas si tu vas faire d'autres ventes plus tard dans l'année. Du coup, il doit supposer que le gain est imposable et retenir 10 %. Ça fait 700 € qui sont directement retirés.

Tu peux récupérer ces 700 € dans ta déclaration d'impôts de 2026. Mais tu ne vas la faire qu'en juin 2027 environ. Et le remboursement pourrait ne pas arriver avant mi-2028.

Donc, même si la retenue automatique simplifie les choses au début, ça peut aussi vouloir dire que tu fais un prêt sans intérêts au gouvernement pendant jusqu'à deux ans et demi.

2. Courtiers belges avec "opt-out" (pas d'impôt retenu à la source)

Pour éviter ce problème de paiement anticipé et les autres limitations de la retenue d'impôt, la loi te donne la possibilité d'"opter" pour la retenue automatique. Si tu choisis cette option avant le début de l'année fiscale, ton courtier belge ne retiendra pas la taxe de 10 % au moment de la vente. Au lieu de cela, tu devras déclarer et payer toi-même l'impôt sur les plus-values par le biais de ta déclaration annuelle d'impôt sur le revenu des personnes physiques.

Pourquoi tu pourrais préférer te désinscrire

Il peut être judicieux d'opter pour le retrait si :

  1. Tu veux compenser les pertes. Par exemple, lorsque tu as fait des gains sur certains investissements mais des pertes sur d'autres. Tu ne peux le faire que par le biais de ta déclaration d'impôts.
  2. Tu as acheté des actifs avant 2026 à un prix plus élevé. Tu pourrais être autorisé à utiliser ton prix d'achat initial au lieu de la valeur instantanée inférieure, ce qui réduit ton gain imposable.
  3. Tu ne veux pas attendre jusqu'à deux ans et demi pour récupérer un remboursement, comme dans l'exemple ci-dessus.

Tu fais les calculs toi-même

Quand tu choisis de ne pas participer, c'est toi qui deviens responsable. Tu devras calculer toi-même tes gains imposables ou demander l'aide d'un comptable.

Calculateur taxe sur les plus-values

Faire ces calculs, c'est pas simple, surtout si t'as fait plein de transactions ou utilisé plusieurs courtiers. C'est pour ça qu'on est en train de créer un calculateur d'impôt sur les gains en capital. Il analyse tes transactions et te dit exactement combien tu dois payer d'impôt, pour que tu saches quoi déclarer. Ça sera super utile si tu choisis de ne pas participer ou si tu investis via un courtier étranger.

Sois averti de son lancement

Moins d'anonymat, plus de contrôle

Il y a un gros inconvénient à choisir de ne pas participer. Quand tu déclares toi-même tes gains en capital, tu perds la discrétion qui va avec la retenue automatique. Avec la participation, les courtiers retiennent l'impôt et le paient aux autorités fiscales en blocs. Mais quand tu choisis de ne pas participer, tu dois déclarer chaque transaction imposable directement aux autorités fiscales.

Ça donne aux autorités fiscales un aperçu détaillé de tes investissements. Par exemple, à partir de ces infos, elles peuvent décider que tu n'investis plus selon le principe de prudence. Si ça arrive, tes gains peuvent être imposés à un taux beaucoup plus élevé, soit 33 % au lieu de 10 %.

Pas encore en ligne non plus

Tout comme les courtiers belges ne sont pas encore prêts pour la retenue automatique, ils n'ont pas encore mis en place le système d'exclusion. Tu recevras un e-mail de ton courtier dès que ce sera prêt.

3. Courtiers étrangers : pas de retenue du tout

Si tu utilises un courtier étranger, tel que DEGIRO, Trade Republic ou une autre plateforme sans succursale belge, la situation change complètement.

Les courtiers étrangers ne sont pas tenus de retenir l'impôt belge sur les plus-values. Ils l'ignoreront tout simplement. Il n'y a pas non plus de garantie qu'un courtier étranger fournira un relevé fiscal compatible avec le système belge.

Cela signifie que tu devras probablement :

  • Calculer toi-même tes gains et tes pertes, pour chaque transaction.
  • Tenir un registre de tous tes achats et de toutes tes ventes.
  • Déclarer tout correctement dans ta déclaration de revenus annuelle.

Cela peut être long et complexe, surtout si tu investis régulièrement ou si tu utilises plusieurs plateformes.

Curvo n'a pas de succursale en Belgique, donc on ne peut pas prélever l'impôt sur les plus-values pour toi. Mais on fera tout pour te faciliter la tâche quand tu devras déclarer les bons montants. Comme pour l'impôt Reynders et la déclaration de ton compte Curvo, on te donnera des guides détaillés étape par étape et des calculs précis. Et si t'as des questions, on est là pour t'aider.

Comparaison : comment les courtiers gèrent l'impôt sur les gains en capital

Courtier belge (retenue) Courtier belge (opt-out) Courtier étranger
Comment les impôts sont traités 10 % d'impôts automatiquement retenus à chaque vente Pas de retenue à la source : tu déclares toi-même l'impôt dans ta déclaration annuelle. Pas de retenue à la source : tu dois tout calculer et déclarer manuellement.
Avantages Option la plus simple, aucune déclaration de revenus n'est nécessaire Tu peux compenser les pertes, appliquer les exemptions et éviter les remboursements anticipés. Les frais de transaction sont généralement moins élevés
Inconvénients Si tu ne peux pas compenser tes pertes ou utiliser une exemption, tu devras peut-être attendre jusqu'à 2,5 ans pour obtenir un remboursement. Exige plus d'administration et une divulgation complète des transactions Rapports complexes, risque élevé d'erreurs, pas de soutien fiscal belge.
Meilleur pour Simplicité et automatisation Contrôle et efficacité fiscale Si tu es à l'aise avec la paperasserie et les déclarations de revenus.

Les principaux enseignements sont les suivants :

  • Courtier belge avec retenue à la source : option la plus simple, mais tu risques de payer temporairement trop et d'attendre un remboursement.
  • Courtier belge avec opt-out : plus de contrôle et un accès plus rapide à ton argent, mais tu devras déclarer la taxe toi-même.
  • Courtier étranger : DIY complet sans retenue et très probablement pas d'aide (sauf pour Curvo !).

La taxe de sortie lorsque tu déménages de Belgique

Si tu vis en Belgique et que tu décides de déménager dans un autre pays, tu peux être concerné par ce que l'on appelle la taxe de sortie.

Lorsque tu transfères ta résidence fiscale hors de Belgique, la loi part du principe que tu as "vendu" tous tes investissements à ce moment-là, même si tu n'as rien vendu en réalité. Cela signifie que toutes les plus-values latentes (bénéfices qui n'existent que sur le papier) accumulées depuis le 1er janvier 2026 sont imposées comme si elles avaient été réalisées.

En bref : lorsque tu quitteras la Belgique, tu devras peut-être payer des impôts sur les bénéfices que tu n'as pas encore encaissés.

Tu ne dois pas payer immédiatement si tu déménages au sein de l'UE ou de l'EEE

La bonne nouvelle, c'est que la Belgique reconnaît à quel point cela serait injuste pour les personnes qui se déplacent fréquemment pour leur travail, en particulier les citoyens de l'UE et les professionnels étrangers.

Si tu déménages dans un pays qui fait partie de la :

  • Union européenne (UE),
  • Espace économique européen (EEE), y compris la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein, ou
  • tout autre pays ayant conclu une convention fiscale qui prévoit l'échange d'informations et la coopération avec la Belgique,

tu bénéficieras automatiquement d'un report. Cela signifie que tu ne dois pas payer la taxe de sortie immédiatement lorsque tu quittes la Belgique.

Exemple : un employé de l'UE qui déménage à l'étranger

Disons que tu travailles pour une institution européenne à Bruxelles et que tu prévois de déménager au Luxembourg en 2026 pour un nouveau rôle. Tu possèdes un portefeuille d'ETF dont la valeur a augmenté depuis 2026.

Normalement, quitter la Belgique déclencherait la taxe de sortie, car tu transfères ta résidence fiscale à l'étranger. Mais comme le Luxembourg est un pays de l'Union européenne, le paiement de l'impôt est automatiquement reporté. Tu n'auras donc pas à vendre tes investissements ni à payer d'impôts sur ceux-ci lorsque tu déménageras.

Tant que tu ne vends pas ces investissements dans les deux ans et que tu continues à vivre dans l'UE, l'obligation fiscale s'éteint au bout de 24 mois. Tu ne paieras donc jamais la taxe de sortie.

La "période de surveillance" de 24 mois

Lorsque tu déménages, le report d'impôt dure 24 mois. Pendant cette période :

  1. Tu ne peux pas vendre les investissements couverts par le report. Si tu le fais, l'impôt devient immédiatement exigible en Belgique.
  2. Tu peux déménager à nouveau pendant cette période (par exemple, de la Belgique à la France, puis à l'Allemagne), tant que tu restes au sein de l'UE, de l'EEE ou d'un pays signataire du traité.

Chaque année, tu devras envoyer une courte confirmation aux autorités fiscales belges pour montrer que tu remplis toujours ces conditions. Si tu l'oublies, le report prend fin et l'impôt devient exigible.

Si tu déménages dans un pays hors de l'UE ou de l'EEE, ou dans un pays qui n'a pas conclu de convention fiscale admissible, le report n'est pas automatique.Tu peux toujours demander un délai de paiement, mais tu devras fournir une garantie financière, telle qu'un dépôt bancaire ou une caution, pour couvrir le montant potentiel de l'impôt.

Quand la taxe de sortie expire-t-elle ?

Après 24 mois :

  • Si tu es rentré en Belgique et que tu n'as pas vendu les investissements, la taxe de sortie est annulée.
  • Si tu es resté à l'étranger et que tu détiens toujours les investissements, l'obligation fiscale expire. Tu ne devras rien.

Principaux enseignements

Pour la plupart des étrangers qui vivent et travaillent en Belgique, en particulier ceux qui pourraient déménager ailleurs en Europe, la taxe de sortie n'entraînera pas de coûts immédiats. Si tu déménages dans un autre pays de l'UE ou de l'EEE, ton paiement est automatiquement reporté, et la dette fiscale disparaît au bout de deux ans si tu ne vends pas tes investissements. Mais si tu prévois de déménager en dehors de l'Europe, ou si tu oublies de remplir les conditions de déclaration, tu pourrais avoir à payer une véritable facture fiscale sur les gains réalisés sur le papier. Il est donc judicieux de se préparer avant de quitter la Belgique.

Stratégie pour les investisseurs belges dans les ETF

L'impôt sur les plus-values peut changer quelques détails pratiques pour les investisseurs en ETF en Belgique, mais il ne change pas les principes fondamentaux d'un bon investissement.

La récolte des pertes fiscales seulement si elle a du sens

Certains investisseurs pourraient être tentés de vendre des ETF à perte pour compenser d'autres gains et réduire leur facture fiscale. Cela peut fonctionner, mais cela s'accompagne de frais de transaction, d'une taxe boursière et du risque de manquer des gains futurs si le marché rebondit peu de temps après la vente.

Dans la pratique, il est difficile de faire les choses correctement. Et cela va à l'encontre de l'état d'esprit d'un investisseur diligent qui achète et conserve, c'est-à-dire qui investit calmement, évite de bricoler et laisse le temps faire son œuvre.

S'en tenir aux principes fondamentaux

Même avec la nouvelle taxe, les principes clés de l'investissement à long terme ne changent pas :

  • Investis régulièrement dans des ETF diversifiés à l'échelle mondiale.
  • Reste investi indépendamment de ce que fait le marché.
  • Suis une stratégie disciplinée en investissant une partie de ton revenu chaque mois.

La nouvelle taxe peut avoir une incidence sur la façon dont ton courtier traite les transactions, mais elle ne change pas la raison pour laquelle les placements dans les ETF fonctionnent. Les investisseurs qui réussissent le mieux sont toujours ceux qui achètent, conservent et laissent la croissance composée faire son travail, tout en se relaxant.

Ce sont les raisons pour lesquelles Curvo convient parfaitement à l'investisseur qui souhaite simplement faire fructifier son patrimoine. Les portefeuilles sont composés de fonds indiciels diversifiés à l'échelle mondiale, ce qui signifie que tu gagnes une partie de la croissance de l'économie mondiale. En mettant en place une contribution mensuelle automatisée à partir de 50 €, tu peux adopter les meilleures habitudes en matière d'argent sans effort. Enfin, tu peux fixer ton objectif et suivre tes progrès pour l'atteindre.

L'ouverture d'un compte Curvo ne prend que quelques minutes

Préparez-vous pour la taxe : ce que vous devez faire avant le 1er janvier 2026

Quand on investit depuis un moment, ça peut vite devenir compliqué. T'as ton compte Curvo par-ci, un compte chez un courtier ou un compte crypto par-là, et un vieux compte dont t'avais oublié l'existence. Avec la nouvelle taxe sur les plus-values, mettre de l'ordre dans tes affaires avant le 31 décembre 2025 te simplifiera grandement la vie.

1) Fais une liste de tes investissements

Note tous les endroits où tu as des investissements, même si ça te semble « pas grand-chose » :

  • comptes de courtage (belges et étrangers)
  • comptes d'investissement bancaires
  • Curvo et d'autres applis d'investissement
  • échanges cryptographiques
  • portefeuilles hors ligne
  • tout ce que tu peux revendre plus tard en faisant un bénéfice (ou une perte)

C'est pratique pour l'impôt sur les plus-values, mais ça donne aussi un bon aperçu de ta valeur nette.

2) Exporte les transactions de chaque compte

Télécharge tout ton historique de transactions (achats, ventes, dépôts, retraits, virements, frais) et garde-le dans un endroit sûr.

Pourquoi c'est important :

1. La « date butoir » est le 31 décembre 2025.

Pour les biens que t'as achetés avant 2026, la valeur au 31 décembre 2025 devient le point de départ pour calculer les gains imposables après 2025. Mais il y a une exception importante : si le prix d'achat initial était plus élevé que la valeur au 31 décembre 2025, tu peux parfois utiliser ce prix plus élevé pour réduire ton gain imposable. Cette exception ne s'applique qu'aux ventes réalisées jusqu'au 31 décembre 2030, et tu auras besoin de tes données historiques de transaction pour le prouver.

2. Tu ne veux pas te dire « mon courtier va garder ça pour toujours ».

Il y a de fortes chances que ton courtier ou ta plateforme d'échange de cryptomonnaies existe toujours dans 20 ans. Mais si jamais tu perds l'accès à l'historique de ton compte (fermeture de la plateforme, fusion, problèmes de connexion, etc.), tu ne veux pas que ta situation fiscale en dépende.

3) Assure-toi d'avoir un prix d'achat pour chacun de tes investissements.

Pour la plupart des ETF et des actions, ton exportation de transactions s'en chargera.

La crypto, c'est un peu compliqué. Si tu gardes tes cryptos en dehors d'une bourse grâce à l'auto-conservation, assure-toi de pouvoir prouver :

  • que tu es propriétaire des actifs, et
  • ce qu'ils valaient au 31 décembre 2025 (la valeur marchande est publique, la propriété est la partie difficile)

Une option pratique pour Bitcoin consiste à signer un message avec la clé privée de votre portefeuille. Comme vous seul disposez de la clé privée liée au portefeuille, cela prouve que vous en avez le contrôle. Les portefeuilles Bitcoin comme Electrum peuvent vous aider à signer des messages.

La plupart des autres blockchains cryptographiques, comme Ethereum ou Solana, te permettent aussi de créer une signature cryptographique à partir de la clé privée de ton compte.

Conclusion

La nouvelle taxe de 10 % sur les plus-values modifie la façon dont tu devras penser à vendre tes investissements à partir de 2026. Mais cela ne change pas les principes fondamentaux d'un bon investissement. Tu as toujours intérêt à acheter des ETF diversifiés à l'échelle mondiale, à les conserver à long terme et à laisser la croissance composée faire son travail.

Avec une exonération de 10 000 € et la possibilité de compenser les pertes, la plupart des investisseurs belges auront une facture fiscale limitée, surtout s'ils suivent une stratégie d'achat et de conservation à long terme. Et si tu utilises un courtier belge ou une plateforme comme Curvo, une grande partie de l'administration sera prise en charge, même si tu devras peut-être demander des remboursements par le biais de ta déclaration d'impôts.

La clé est de rester calme et de s'en tenir à ta stratégie. Ne laisse pas les règles fiscales te pousser à des ventes inutiles ou à des manœuvres complexes. Concentre-toi sur ce qui compte : l'investissement régulier, la patience et le temps passé sur le marché.