Investir en sécurité : 8 règles pour réduire ton risque

22 octobre 2026
13 minutes
Finances personnelles

Tu veux que ton épargne grandisse. Et tu ne veux jamais ouvrir ton appli bancaire pour découvrir que la moitié a disparu. C'est ce que la plupart des gens entendent par investir en sécurité.

Aucun placement n'est totalement sans risque, et la plupart des conseils pour investir en sécurité s'arrêtent à « diversifie ton argent » et « pense à long terme », sans dire à quel point ça aide. Tu ne peux pas supprimer le risque, mais tu décides combien tu en portes. Huit règles font la différence, et certaines se mesurent. Depuis 1970, le MSCI World, l'indice le plus connu des marchés boursiers mondiaux, n'a perdu d'argent sur aucune période de 15 ans ou plus.

Investir en sécurité, c'est choisir les risques que tu prends

Investir en sécurité, c'est ne porter que les risques qui te rapportent et garder les autres aussi petits que possible. Tout placement qui rapporte un rendement te demande de porter un certain risque. C'est pour ça qu'il n'y a pas de rendement sans risque.

Garder tout ton argent en liquide n'échappe pas non plus au risque. Un compte d'épargne échange le risque d'un marché qui baisse contre le risque de prix qui montent, car l'inflation grignote ton épargne un peu chaque année. De tous les risques liés à l'investissement, le risque de marché est le seul pour lequel tu es rémunéré. Les huit règles ci-dessous réduisent ou suppriment les autres.

Quels sont les placements les plus sûrs ?

Les placements les plus sûrs sont ceux dont la valeur bouge le moins : un compte d'épargne, puis les comptes à terme et les bons d'État, puis les fonds obligataires. Ce sont aussi ceux qui rapportent le moins. Le placement le plus sûr pour toi dépend donc du moment où tu auras besoin de l'argent.

PlacementCe qui peut mal tournerSi le prestataire fait failliteAdapté à l'argent dont tu as besoin dans
Compte d'épargneL'inflation réduit ce que ton argent permet d'acheterGarantie des dépôts jusqu'à 100 000 € par personne et par banqueÀ tout moment, y compris ton fonds d'urgence
Compte à terme ou bon d'ÉtatTon taux est fixe, et l'inflation peut le dépasserCompte à terme : garantie des dépôts jusqu'à 100 000 €. Bon d'État : c'est l'État belge qui te doit l'argentUne date fixe, dans un à dix ans
Fonds d'obligations d'ÉtatSa valeur baisse quand les taux d'intérêt montentUn dépositaire distinct conserve les actifs du fondsTrois ans ou plus
Portefeuille mixte d'actions et d'obligationsIl baisse lors d'un krach, mais moins que les actions seulesUn dépositaire distinct conserve les actifs du fondsCinq ans ou plus
Fonds indiciel d'actions mondiales, comme un fonds qui suit le MSCI WorldIl peut perdre la moitié : le MSCI World a baissé de 55,7 % en euros entre août 2000 et février 2009Un dépositaire distinct conserve les actifs du fondsDix ans ou plus
Actions individuelles et cryptoElles peuvent tomber à zéroLa protection des investisseurs ne couvre jamais une baisse de coursUniquement de l'argent que tu pourrais perdre entièrement

Le dépositaire d'un fonds est une institution distincte qui conserve les actions et les obligations que le fonds détient. Si le gestionnaire du fonds fait faillite, ces actifs ne font pas partie de la faillite.

8 règles pour investir plus sûrement

1. Constitue un fonds d'urgence avant d'investir

Le fonds d'urgence passe en premier, parce que devoir vendre au mauvais moment est l'une des façons les plus faciles de perdre de l'argent. Ta voiture tombe en panne pendant un krach, et tu vends des actions à perte pour payer la réparation. Trois à six mois de dépenses sur un compte d'épargne t'évitent ça. Notre article sur la taille que doit avoir ton fonds d'urgence t'aide à trouver ton propre montant.

Une fois cette réserve en place, chaque euro que tu investis est un euro que tu peux laisser tranquille quand les marchés baissent.

2. N'investis que l'argent dont tu n'auras pas besoin avant au moins dix ans

Le temps est ta meilleure mesure de sécurité, et c'est celle sur laquelle on peut mettre un chiffre. Nous avons regardé chaque mois depuis décembre 1969 dans Curvo Backtest, en euros et dividendes réinvestis, et posé une question simple : si tu avais acheté l'indice MSCI World ce mois-là et l'avais revendu un nombre fixe d'années plus tard, combien de fois aurais-tu perdu de l'argent ?

Durée de détentionPart des périodes en pertePire résultat
1 an26,0 %-39,3 %
3 ans21,1 %-52,3 %
5 ans22,1 %-40,6 %
10 ans7,3 %-35,6 %
15 ans0 %+25,7 %
20 ans0 %+64,3 %

Sur un an, tu perdais de l'argent environ une fois sur quatre. Sur 15 ans ou plus, jamais. C'est pour ça que tu ne devrais investir que l'argent dont tu n'auras pas besoin avant longtemps, et pour ça que la durée pendant laquelle tu restes investi détermine une si grande part de ton risque.

Le tableau ne te protège que si tu restes investi. Vendre pendant un krach transforme une baisse temporaire en perte réelle. Un investisseur qui a vendu le MSCI World en février 2009 a figé une baisse de plus de la moitié. Celui qui a tenu bon était revenu au-dessus du sommet de 2000 en 2014.

3. Répartis ton argent sur le monde entier

Répartir ton argent sur des milliers d'entreprises supprime le risque qu'une seule mauvaise entreprise ruine ton portefeuille. Des entreprises tombent bel et bien à zéro. Lernout & Hauspie s'est effondrée en 2001 après une fraude comptable, et Kodak a fait faillite en 2012. Les actionnaires des deux ont tout perdu.

Thomas, cofondateur de Curvo, l'a appris avec son propre argent, et raconte l'histoire dans son livre ETF Investing in Belgium. Fin 2016, il était sûr que les Fitbit seraient le cadeau de Noël de l'année, alors il a acheté des actions Fitbit le 4 novembre. Le 5 janvier 2017, elles avaient perdu environ 40 %. L'histoire semblait logique, et une seule entreprise l'a quand même laissé tomber. Dans un fonds réparti sur 1 500 entreprises, une telle baisse se voit à peine.

L'indice MSCI World regroupe environ 1 500 entreprises de 23 pays développés. Quand l'une d'elles fait faillite, tu le remarques à peine. La diversification réduit ton risque sans réduire ton rendement attendu. Notre guide montre comment construire un portefeuille d'ETF diversifié, et notre comparaison du BEL 20, du MSCI World et du S&P 500 montre ce que coûte le fait de rester près de chez soi.

4. Adapte ta répartition entre actions et obligations au moment où tu as besoin de l'argent

Plus la date à laquelle tu as besoin de l'argent est proche, plus une grande partie doit être en obligations. Les actions rapportent davantage à long terme, mais peuvent perdre la moitié lors d'un krach. Les obligations rapportent moins, mais baissent beaucoup moins. L'argent pour une maison que tu veux acheter dans trois ans n'a pas sa place en actions.

Une façon simple d'y réfléchir est de répartir ton argent par objectif. Ta pension dans 30 ans peut être en grande partie en actions. L'apport pour un appartement dans quatre ans a sa place dans des fonds obligataires ou sur un compte d'épargne.

Beaucoup d'investisseurs zappent les obligations parce qu'elles rapportent moins que les actions. Mais la bonne répartition dépend de tes objectifs et du risque que tu peux supporter, donc aucun portefeuille n'est le meilleur pour tout le monde.

Quand tu t'inscris chez Curvo, on te pose quelques questions sur tes objectifs, la durée pendant laquelle tu veux investir et ta réaction face à une baisse. Sur la base de tes réponses, on t'attribue un portefeuille. Si ton horizon est court ou que tu préfères moins de risque, ce portefeuille contient des obligations.

5. Investis un montant fixe chaque mois

Investir un montant fixe chaque mois t'enlève la décision la plus difficile, celle de savoir quand acheter. Tu achètes quand les cours sont hauts et quand ils sont bas, et tu n'as jamais à deviner lequel des deux c'est aujourd'hui.

Si tu as déjà une grosse somme, l'investir en une fois a rapporté plus par le passé, parce que les marchés montent plus souvent qu'ils ne baissent. Notre comparaison entre le DCA et l'investissement en une fois montre les chiffres, et aussi pourquoi beaucoup de gens étalent quand même une grosse somme, pour éviter le regret de tout investir juste avant un krach. Pour l'argent que tu épargnes chaque mois sur ton salaire, l'investissement périodique est le choix logique.

6. Garde tes frais bas

Les frais sont la seule perte certaine. Les marchés montent et descendent, mais tu paies des frais chaque année. Imagine que tes placements rapportent 6 % par an avant frais. Après 30 ans, 10 000 € deviennent environ 54 000 € dans un fonds qui prend 0,2 % par an, et environ 32 000 € dans un fonds qui prend 2 %. Le fonds cher ne te rend pas plus en sécurité pour autant.

Regarde trois frais : les frais d'entrée sur chaque versement, les frais de transaction et la taxe boursière belge sur chaque achat, et les frais annuels du fonds. Notre guide sur les coûts d'un ETF les explique un par un.

7. Choisis un prestataire agréé qui garde tes placements à part

Trois choses différentes protègent ton argent quand une banque ou un courtier fait faillite, et chacune couvre autre chose.

  • La garantie des dépôts couvre l'argent sur un compte bancaire, jusqu'à 100 000 € par personne et par banque. En Belgique, c'est le Fonds de garantie qui la paie. Chaque pays de l'UE applique la même limite de 100 000 €.
  • La protection des investisseurs couvre les actions, les obligations et les fonds qu'un prestataire en faillite ne peut plus te rendre, jusqu'à 20 000 € par personne et par prestataire en Belgique. Chaque pays de l'UE a un régime d'au moins 20 000 €. Elle ne couvre jamais une baisse des cours.
  • Un dépositaire distinct garde tes placements en dehors des comptes propres du prestataire. Si le prestataire fait faillite, ses créanciers ne peuvent pas y toucher, et tu les récupères. C'est ça, et non les 20 000 €, qui protège la plus grande partie de ton argent. Notre article sur le risque de contrepartie va plus loin.

Avant d'envoyer de l'argent où que ce soit, vérifie que le prestataire est agréé. En Belgique, cherche-le sur la page vérifiez votre fournisseur de la FSMA. Ailleurs, adresse-toi au régulateur national : l'AFM aux Pays-Bas, la Consob en Italie. La même question se pose à l'intérieur du fonds, où un ETF physique détient les actions qu'il suit.

Chez Curvo, tes placements sont conservés par un dépositaire distinct, la Stichting Noordnederlandse Beleggersgiro, et tu peux lire comment fonctionne le dépositaire et comment ton argent est mis en sécurité.

8. N'investis pas dans ce que tu ne comprends pas

Si tu ne peux pas expliquer un placement en deux phrases, laisse-le de côté. Sois le plus prudent avec les produits qui promettent un rendement élevé avec peu de risque, avec les offres de quelqu'un qui t'appelle sans prévenir, et avec tout ce dont tout le monde parle ce mois-ci.

Trois signaux d'alerte doivent te faire arrêter : un rendement élevé garanti, une pression pour décider vite, et une entreprise que tu ne trouves pas dans le registre du régulateur. La FSMA tient une liste de mises en garde contre des entreprises frauduleuses. Les effets de mode sont la version légale du même risque : si la crypto te tente, lis d'abord les risques d'investir dans le bitcoin. Et si quelqu'un promet de battre le marché, notre comparaison entre investissement actif et passif montre à quel point c'est rare.

Quelle façon d'investir te convient ?

Une fois que tu as décidé d'investir dans des fonds indiciels, il y a deux façons courantes de le faire : acheter toi-même des ETF chez un courtier, ou laisser une appli comme Curvo le faire pour toi. Voici comment chacune applique les règles ci-dessus.

Acheter toi-même des ETF chez un courtierCurvo
Minimum pour commencerLe prix d'une part d'ETF chez la plupart des courtiers50 €
Frais sur chaque versementDes frais par ordre, plus 0,12 % à 1,32 % de taxe boursière belge (TOB)Aucun
Frais annuelsLes frais annuels de l'ETF, souvent 0,1 % à 0,3 %1 % jusqu'à 50 000 €, puis jusqu'à 0,6 % au-delà de 250 000 €, frais des fonds compris
Adapté à ton horizon et à ton risqueC'est toi qui décidesOui, sur la base d'un questionnaire
Réparti sur le monde entierDépend des ETF que tu choisisOui, des fonds indiciels de Vanguard, iShares et Amundi
Investit automatiquement chaque moisSeulement si ton courtier propose un plan d'investissementOui
Protection des investisseurs si le prestataire fait failliteCelle du pays d'origine du courtier, au moins 20 000 €Régime néerlandais, jusqu'à 20 000 €
Ton tempsLe plus : tu choisis, achètes et rééquilibres toi-mêmePeu

Chaque façon a son revers. Investir toi-même avec des ETF bon marché coûte le moins chaque année, mais tu portes chaque décision, et 5 € de frais par ordre, c'est 5 % d'un versement de 100 €. Les frais annuels de Curvo sont plus élevés que ceux d'un ETF bon marché. C'est le prix d'un portefeuille construit, diversifié et rééquilibré pour toi, sans frais sur chaque versement.

Tu veux que ces règles soient appliquées pour toi ? Avec Curvo, tu réponds à quelques questions sur tes objectifs et ta réaction face à une baisse, et on t'attribue un portefeuille de fonds indiciels répartis dans le monde entier. Tu commences dès 50 €, sans frais sur chaque versement, et on investit chaque mois et rééquilibre pour toi. Découvre comment fonctionne Curvo.

Résumé : investir en sécurité, c'est une série de choix

Aucun placement n'est sans risque, donc investir en sécurité revient à choisir les risques que tu portes. Garde un fonds d'urgence, n'investis que l'argent dont tu n'auras pas besoin avant dix ans ou plus, répartis-le sur le monde entier, adapte tes obligations à ton échéance, garde tes frais bas et choisis un prestataire agréé qui garde tes placements à part.

C'est important, parce que ne rien faire n'est pas sûr non plus. L'argent qui reste 30 ans sur un compte d'épargne perd du pouvoir d'achat face à l'inflation, chaque année.

La prochaine étape, c'est de choisir la façon d'investir qui te convient. Avec Curvo, la diversification, la répartition entre actions et obligations, l'investissement mensuel et le rééquilibrage sont faits pour toi, et tu peux voir comment ça fonctionne avant de te lancer.